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Cinq ans après Fukushima, le premier procès

Trois principaux dirigeants de Tepco vont devoir rendre des comptes à la justice japonaise.

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Après y avoir échappé à plusieurs reprises, les trois principaux dirigeants de Tepco, propriétaire de la centrale nucléaire de Fukushima, vont devoir rendre des comptes à la justice japonaise. Ils étaient aux commandes, le 11 mars 2011, quand les six réacteurs ont connu le plus grave accident de l’histoire du nucléaire (avec ­Tchernobyl) après qu’un ­tsunami hors norme avait ravagé la côte.

Jusqu’alors, la justice avait estimé insuffisants les éléments des plaintes : les dirigeants ont toujours allégué qu’ils ne pouvaient pas prévoir l’ampleur de la catastrophe. Cependant, un groupe de citoyens de Fukushima s’est accroché, utilisant une procédure judiciaire japonaise qui permet de contester la décision d’un procureur de ne pas entamer de poursuites. Ils ont obtenu gain de cause. Leur accusation : Tepco n’ignorait pas que la centrale était exposée à un tel risque potentiel.

Des négligences et des omissions qui auraient entraîné la mort de quarante-quatre personnes (malades, personnes hospitalisées, vieillards) dans le chaos des évacuations précipitées. Un rapport interne jugeant plausible un tsunami tel que celui du 11 mars aurait été enterré pour échapper aux investissements nécessaires à la protection de la centrale.

Par ailleurs, une procédure interne – que l’entreprise vient d’annoncer avoir « découverte » ! – aurait dû conduire Tepco à reconnaître immédiatement que trois des six cœurs de réacteurs avaient fondu, ce qui n’a été fait que deux mois plus tard, en mai 2011. Le procès ne devrait pas s’ouvrir avant 2017.


Photo : CHRISTOPHER FURLONG / GETTY IMAGES ASIAPAC / AFP

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