Le projet nucléaire d'EDF en Grande-Bretagne contesté

L'opinion publique anglaise, les journaux anglais et les parlementaires souhaitent une annulation d'un projet à 23 milliards d'euros

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Après avoir été longtemps relativement indifférents au projet de l’énorme centrale nucléaire que projette de construire EDF dans le Sud-ouest de la Grande Bretagne à Hinkley Point, les Anglais commencent à renâcler devant les réacteurs EPR que la filiale britannique de la société française veut leur « offrir » pour un coût estimé, pour l’instant, à 23 milliards d’euros.

La plupart des grands journaux de l’île, toutes obédiences politiques confondues, ont été les premiers à émettre des doutes sur le projet, en rappelant que la construction de cette centrale « moderne » ayant déjà pris beaucoup de retard en France à Flamanville et en Finlande, il n’était guère avisé ni prudent de faire confiance au « génie » français. En rappelant notamment que chaque année, depuis le début de travaux, le coût des réacteurs EPR français et finlandais augmente.

Cette semaine, de nombreux experts et scientifiques convoqués pour des auditions devant le Parlement britannique, ont confirmé la méfiance qui gagne les politiques, les spécialistes, l’opinion publique et évidemment les associations environnementalistes. Seul, sans convaincre, le PDG d’EDF Grande-Bretagne a manifesté un optimisme béat devant la Commission parlementaire de l’Energie. Alors que de nombreux milieux dénoncent les récents déboires d’EDF et d’Areva et ajoutent que ces derniers avaient menti sur le prix du projet qui traîne dans leur pays depuis 9 ans, sur sa fiabilité et sur les promesses faites au sujet de sa rentabilité. En ajoutant que, vu le prix qui n’est même pas garanti, les seuls à faire une bonne affaire, serait les financiers d’EDF et d’Areva qui comptent sur ce projet pour renflouer leurs sociétés.

Manifestement les experts anglais auditionnés par les parlementaires de Westminster n’ont pas convaincus grand monde. D’autant plus qu’ils ne le sont pas eux-mêmes. A la fois sur le plan financier et sur le plan technologique. Ils soupçonnent fortement et ouvertement EDF de chercher à se refaire une réputation au dépend de la population britannique.

En fait, des écologistes aux conservateurs en passant par la gauche travailliste, les voix réclamant l’annulation de ce projet qui a été qualifié de pharaonique par des parlementaires, sont de plus en plus nombreuses.


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