Primaires aux USA: une majorité d’électeurs climato-sceptiques

Claude-Marie Vadrot  • 11 mars 2016
Partager :
Primaires aux USA: une majorité d’électeurs climato-sceptiques
© Photo: ERICH SCHLEGEL / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

L’université américaine de Yale, dont les chercheurs scrutent depuis des années l’évolution des mentalités du pays sur la perception du changement climatique, viennent de publier les résultats de l’étude menée sur les Américains qui ont participé aux votes du « Super Tuesday » ( treize États). Elle porte aussi bien sur les électeurs Démocrates que sur les Républicains. Les résultats de cette enquête, qui diffèrent peu d’un État à l’autre, montrent la persistance de nombreux Américains à refuser la lutte contre le réchauffement climatique.

La première question visait à savoir si les personnes interrogées croyaient à la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique. Le résultat va de 42 % dans le Wyoming à 52 % dans le Vermont. Le pourcentage reste inférieur à 50 % dans dix Etats. Soit, après le « champion » du déni, et dans l’ordre, l’Alabama, l’Arkansas, l’Oklahoma, l’Alaska, le Tennessee, la Géorgie, le Minnesota, le Texas et la Virginie. Seuls trois États atteignent ou dépassent de peu la moyenne.

La seconde question posée demandait aux personnes interrogées si elles croyaient au réchauffement climatique, qu’il soit d’origine humaine ou simplement naturelle. Les résultats font apparaitre un climat-scepticisme dans un grand nombre d’États. Le pourcentage répondant affirmativement aux enquêteurs est en dessous de la moyenne pour douze des treize États concernés, seul le Wyoming dépassant de peu cette moyenne, avec 51 % des électeurs. Chiffres qui confirment le climato-scepticisme de nombreux Américains. Sur cet échantillon, l’enquête fait apparaitre que par rapport à l’enquête menée par l’Université de Yale en 2014 sur 16.000 personnes, les adversaires de la lutte contre le réchauffement climatique seraient en augmentation. Commentaire des chercheurs de l’Université :

Ces statistiques tendent à prouver que les candidats à l’élection américaine, notamment ceux des Républicains ont raison de continuer à rejeter les réalités affirmées par la science climatique. Ce qui n’est pas particulièrement encourageant.

Les chercheurs rappellent également que si une étude menée parmi les scientifiques, au niveau intergouvernemental, montrait que 95 % des scientifiques considèrent que les activités humaines sont responsables des conséquences dramatiques du réchauffement depuis 1950, seule une moyenne de 48 % des Américains vivant dans les Etats du « Super Tuesday » partageaient cette opinion, ceux qui pensent le contraire étant majoritaires.

Monde
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Affaiblie, Giorgia Meloni droite dans ses bottes
Analyse 8 avril 2026 abonné·es

Affaiblie, Giorgia Meloni droite dans ses bottes

Après des discours musclés en campagne électorale, Giorgia Meloni s’est employée à rassurer les marchés et ses alliés internationaux recouvrant sa radicalité d’extrême droite originelle. Mais depuis sa défaite électorale au référendum de mars, la première ministre italienne semble renouer avec de vieilles tentations autoritaires.
Par Olivier Doubre
Résister aux lois sécuritaires : la leçon italienne
Récit 8 avril 2026 abonné·es

Résister aux lois sécuritaires : la leçon italienne

À un an de la fin de son mandat, Giorgia Meloni fait face à sa première véritable crise politique. Si l’on regarde en arrière, elle n’est en mesure de revendiquer que des mesures construites sur une série de paniques morales. Mais les mouvements sociaux italiens ont su lui porter la contradiction.
Par Giovanni Simone
Meloni : derrière le vernis modéré, un défouloir politique
Décryptage 8 avril 2026

Meloni : derrière le vernis modéré, un défouloir politique

En trois ans et demi à la tête du gouvernement italien, Giorgia Meloni a tenu la distance sans vraiment tenir ses promesses de révolution néofasciste.
Par William Jean
« Giorgia Meloni a pris une place centrale dans l’internationale des nationalismes »
Entretien 8 avril 2026 abonné·es

« Giorgia Meloni a pris une place centrale dans l’internationale des nationalismes »

Nicola Fratoianni, le codirigeant d’Alleanza Verdi e Sinistra (Alliance des Verts et de la Gauche) se réjouit de la victoire du « non » au référendum sur la réforme de la justice voulue par le gouvernement d’extrême droite de Giorgia Meloni. Ce sursaut constitue pour lui un espoir pour le bloc progressiste.
Par Olivier Doubre