Salman El Herfi : Une vie palestinienne
L’histoire personnelle de Salman El Herfi, nouvel ambassadeur de la Palestine à Paris, se confond totalement avec celle de son peuple.
dans l’hebdo N° 1395 Acheter ce numéro

Ni le poids des ans ni le tragique de l’histoire n’ont, semble-t-il, entamé l’optimisme de ce colosse à la voix douce qui vient tout juste de prendre ses fonctions d’ambassadeur de Palestine en France. Salman El Herfi le dit et le redit : « Ils finiront par partir. » « Ils », évidemment, ce sont les colons qui occupent la Cisjordanie. Malgré les plans d’occupation qui se multiplient et le mur qui serpente profondément à l’intérieur du territoire palestinien, malgré la répression, le nouvel ambassadeur en est convaincu : « L’option de deux États est toujours valable parce que la paix n’est pas seulement une nécessité pour les Palestiniens, elle l’est aussi pour les Israéliens. » « D’ailleurs, argumente-t-il, les jeunes Israéliens ne voudront pas appartenir à un pays qui pratique un système d’apartheid. »
Cette conviction chevillée au corps, il la tient de son histoire personnelle. « Très tôt, dit-il, j’ai ouvert les yeux sur la situation. » Il a hérité cette conscience précoce d’un père engagé dans le mouvement national palestinien. Sa famille, d’origine modeste, était de Beer-Sheva, grande ville aujourd’hui israélienne plantée au milieu du désert du Néguev, où Salman El Herfi est né en 1944. Une terre de bergers palestiniens. Ce qui lui a longtemps valu d’être surnommé « le Bédouin », comme le confie l’une de ses amies. Il a tout vu, tout vécu, du