Animaux, la souffrance au menu

Une nouvelle vidéo tournée à l’intérieur d’un abattoir relance le débat sur le bien-être animal. La prise de conscience de l’opinion, si elle est encore marginale, gagne du terrain.

Vanina Delmas  • 6 avril 2016 abonné·es
Animaux, la souffrance au menu
© FRED TANNEAU/AFP

Le choc des images est indéniable. Qu’il s’agisse de veaux, de poulets, d’oies ou de moutons, chaque vidéo révélant les pratiques des abattoirs provoque instantanément un séisme. En six mois, l’association L214 [1] a infiltré trois abattoirs pour dévoiler les traitements infligés aux animaux quelques secondes avant leur dernier souffle.

Après Alès et Le Vigan (Gard), un établissement – certifié bio et Label rouge – de -Mauléon-Licharre, au Pays basque, est désormais pointé du doigt. Des agneaux et des bovins se retrouvent suspendus encore conscients aux crochets, malgré les précautions d’étourdissement prises.

« Ces pratiques sont plutôt habituelles et les dysfonctionnements fréquents. Les services vétérinaires tirent régulièrement le signal d’alarme, précise Brigitte Gothière, cofondatrice et porte-parole de L214. Parler de bien-être animal dans un abattoir est par définition un non-sens, car on demande aux employés de tuer des animaux à notre place mais avec empathie, ce qui est impossible. »

Après la révélation de ce nouveau cas, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a ordonné aux préfets de procéder à des inspections spécifiques sur la protection animale dans l’ensemble des abattoirs de

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Écologie
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

LGV Bordeaux-Toulouse : main basse sur les terres agricoles
Reportage 30 avril 2026 abonné·es

LGV Bordeaux-Toulouse : main basse sur les terres agricoles

Pour déployer sa nouvelle ligne, SNCF Réseau doit acquérir du terrain au titre de la compensation écologique. En pleine crise du secteur, de nombreux viticulteurs sont tentés de vendre, car les prix proposés sont élevés. Au point d’écarter certains agriculteurs désireux de créer une activité.
Par Romane Gentil
La paysannerie mondiale résiste encore
Reportage 20 avril 2026 abonné·es

La paysannerie mondiale résiste encore

Depuis 1996, le 17 avril marque la journée internationale des luttes paysannes. Face à la libéralisation des échanges et à l’accaparement des terres, le mouvement altermondialiste La Via Campesina coordonne la résistance de 200 millions de paysans à travers le monde.
Par Alix Garcia et Louis Meurice
En Suisse, avec le berger qui défend les loups
Portrait 17 avril 2026 abonné·es

En Suisse, avec le berger qui défend les loups

Dans le Jura vaudois, Fabrice Monnet a passé une grande partie de l’hiver à patrouiller dans les montagnes avec son association pour empêcher l’abattage du grand prédateur. L’homme est devenu une figure militante, non sans agacer éleveurs et pouvoirs publics.
Par Louis Bolla
Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »
Entretien 15 avril 2026 abonné·es

Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »

Le professeur de microbiologie au Muséum national d’histoire naturelle plaide pour la reconnexion de notre société au vivant, et l’émergence d’alternatives agroécologiques pour protéger le monde agricole et les citoyens des ravages des pesticides. Dans De la biodiversité comme un humanisme, petit livre très accessible, il allie vulgarisation et la défense de la biodiversité.
Par Vanina Delmas