Animaux, la souffrance au menu
Une nouvelle vidéo tournée à l’intérieur d’un abattoir relance le débat sur le bien-être animal. La prise de conscience de l’opinion, si elle est encore marginale, gagne du terrain.
dans l’hebdo N° 1398 Acheter ce numéro

Le choc des images est indéniable. Qu’il s’agisse de veaux, de poulets, d’oies ou de moutons, chaque vidéo révélant les pratiques des abattoirs provoque instantanément un séisme. En six mois, l’association L214 [1] a infiltré trois abattoirs pour dévoiler les traitements infligés aux animaux quelques secondes avant leur dernier souffle.
Après Alès et Le Vigan (Gard), un établissement – certifié bio et Label rouge – de -Mauléon-Licharre, au Pays basque, est désormais pointé du doigt. Des agneaux et des bovins se retrouvent suspendus encore conscients aux crochets, malgré les précautions d’étourdissement prises.
« Ces pratiques sont plutôt habituelles et les dysfonctionnements fréquents. Les services vétérinaires tirent régulièrement le signal d’alarme, précise Brigitte Gothière, cofondatrice et porte-parole de L214. Parler de bien-être animal dans un abattoir est par définition un non-sens, car on demande aux employés de tuer des animaux à notre place mais avec empathie, ce qui est impossible. »
Après la révélation de ce nouveau cas, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a ordonné aux préfets de procéder à des inspections spécifiques sur la protection animale dans l’ensemble des abattoirs de