Manuel Valls confesse des « erreurs », mais rarement les siennes

Michel Soudais  • 28 avril 2016
Partager :
Manuel Valls confesse des « erreurs », mais rarement les siennes
© Photo: FAROUK BATICHE / AFP

Dans un long entretien au quinzomadaire Society, à paraître vendredi, Manuel Valls revient sur les difficultés à faire accepter la loi Travail :

Nous avons manqué au moins d’un temps de discussion et de négociations avec les partenaires sociaux, admet le Premier ministre. Quand une mauvaise interprétation est faite sur un projet, pour convaincre ensuite, c’est plus long et plus difficile.

Selon Manuel Valls, quatre difficultés, qu’il présente comme des « erreurs » plus imputables au PS, à François Hollande ou Jean-Marc Ayrault qu’à lui-même, compliquent la situation. « La gauche s’est mal préparée à l’exercice du pouvoir », affirme-t-il : une opposition « parfois trop systématique » à Sarkozy l’a empêché de trancher « toute une série de questions : l’Europe, la place de l’État et des services publics, la question migratoire ».

La deuxième erreur a été « de ne pas avoir tenu compte du rapport de la Cour des comptes sur la dégradation des finances publiques » sous Sarkozy, « ni de l’analyse sur l’état de la compétitivité de nos entreprises », alors que lui avait « défendu pendant la primaire de 2011 un pacte entre le pays et les entreprises ».

La troisième est d’avoir « cru », ce qui n’était pas son cas précise-t-il, « que la société était moins dure alors qu’elle était davantage sous tension ». Enfin, la quatrième « c’est que nous n’assumons pas ce que nous faisons (…) dans le domaine économique ni dans celui de la sécurité ».

Le chef du gouvernement affirme par ailleurs que « la confrontation (…) entre ce qu’on appelle les frondeurs et le gouvernement (…) affaiblit considérablement » ce dernier « depuis le début du quinquennat », alors que l’apparition des frondeurs coïncide avec son accession à Matignon, le 1er avril 2014. Il regrette en revanche qu’en 2012 François Hollande n’ait « pas tendu la main à François Bayrou », « un acteur de l’élection ». Erreur qu’« il ne faudra pas répéter » en 2017, annonce-t-il. Les électeurs sont prévenus.

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

« La victoire de Glucksmann ne vaut pas blanc-seing pour sa stratégie anti-alliance »
Entretien • 15 octobre 2026

« La victoire de Glucksmann ne vaut pas blanc-seing pour sa stratégie anti-alliance »

Raphaël Glucksmann est sorti large vainqueur de la primaire « de la gauche socialiste et démocratique ». Conséquence, le Parti socialiste n’aura pas de candidat propre pour la présidentielle 2027. Le résultat divise déjà au sein de la formation. Une situation dont le premier secrétaire, Olivier Faure, sort affaibli.
Par Névil Gagnepain
Après la victoire de Glucksmann, les ralliements à Mélenchon se multiplient
Analyse • 15 octobre 2026 abonné·es

Après la victoire de Glucksmann, les ralliements à Mélenchon se multiplient

1 500 communistes ont annoncé le 14 octobre leur ralliement à la candidature du leader insoumis. En parallèle, la victoire de Raphaël Glucksmann lors de la primaire socialiste provoque des remous chez les militants de gauche et semble acter une bipartition de la campagne. 
Par Névil Gagnepain
Colère lycéenne : Gabriel Attal mise sur l’autorité, Jean-Luc Mélenchon sur la rupture
Politique • 12 octobre 2026 abonné·es

Colère lycéenne : Gabriel Attal mise sur l’autorité, Jean-Luc Mélenchon sur la rupture

Le candidat Renaissance et de La France insoumise à la présidentielle ont respectivement tenu meeting à Lyon samedi 10 octobre et près de Clermont-Ferrand dimanche 11, sur fond de mobilisation lycéenne. Alors que l’ancien Premier ministre défend une ligne fondée sur l’autorité et les devoirs, le leader insoumis dénonce le bilan éducatif des gouvernements macronistes.
Par William Jean et Névil Gagnepain
Raphaël Glucksmann veut-il tuer le PS ?
Politique • 9 octobre 2026 libéré

Raphaël Glucksmann veut-il tuer le PS ?

Ce 12 octobre, le coprésident de Place publique a remporté la primaire sociale-démocrate octobre, en glanant 66,17 % des 120 000 votants en ligne. Une question brûlante a animé les derniers jours de campagne : sa victoire serait-elle synonyme de la fin du parti à la rose ?
Par Névil Gagnepain