Sergio Coronado : « L’Assemblée, une sociabilité contrainte »
Les députés sont souvent critiqués pour leur entre-soi. Entre désaccords politiques et affects personnels, Sergio Coronado raconte la démocratie représentative au sein et hors de l’hémicycle.
dans l’hebdo N° 1401 Acheter ce numéro

Parlementaire depuis 2012, l’écologiste Sergio Coronado a pour circonscription un vaste territoire qu’il connaît bien. Né au Chili, il grandit en Argentine à la suite du coup d’État de Pinochet, avant que sa famille n’émigre en France en 1982. Aujourd’hui député des Français établis hors de France, il couvre la zone géographique de l’Amérique latine. Mais c’est son quotidien au sein du microcosme qu’est le palais Bourbon que l’élu nous raconte, un espace de sociabilité à part, avec ses rapports humains complexes, ses intrigues de groupe et ses codes hiérarchiques.
Comment décrire la teneur des relations humaines à l’Assemblée, ce huis clos avec des collègues un peu particuliers, engagés dans le combat politique ?
Sergio Coronado Ce ne sont pas tout à fait des relations professionnelles, la politique n’étant pas un métier. Les groupes organisent la vie de l’Assemblée, ce sont des relations qui, avec le temps, prennent un peu de profondeur, mais pas tant que ça. On a des moments de vie commune, mais chacun vit sa vie. J’ai plus de relations avec les commissaires PS ou LR qu’avec une large partie de mon groupe que je ne vois jamais, d’autant que je ne participe plus aux réunions (rires). Et puis il y a la dimension affinitaire, l’histoire militante. Quand je suis arrivé, des ex-camarades de militance étaient déjà en place. Des gens que je connais depuis que j’ai 16 ans. En triant récemment des photos de mes 18 ans, ma mère s’est aperçue que, sur l’une d’elles, il y avait trois députés, qui devaient être Pascal Cherki, Daniel Goldberg et Pouria Amirshahi.
Comment appréhendez-vous la dynamique de groupe parlementaire ?
Au sein de mon groupe, j’ai une relation particulière avec Noël Mamère, avec qui j’ai travaillé. J’ai beaucoup d’estime pour lui, et il y a l’histoire commune d’une présidentielle, d’une campagne très dure, celle de 2002. Est-ce un ami ? Il y a de l’amitié, mais je ne dirais pas que c’est un ami, par un