Turquie : Les opposants bientôt déchus de leur nationalité ?

Recep Tayyip Erdoğan propose de priver les «partisans» du PKK de leur nationalité. Une suggestion insoutenable qui menace directement l’ensemble de l’opposition turque solidaire du peuple Kurde.

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Turquie : Les opposants bientôt déchus de leur nationalité ?
© Photo : TURKISH PRESIDENCY / YASIN BULBUL / ANADOLU AGENCY / AFP

Sans limite, la répression s’organise dans tout le pays. Mardi 5 avril, le président turc a ainsi fait part de sa nouvelle (mauvaise) idée lors d’un discours à Ankara. Erdoğan propose d’instaurer la déchéance de la nationalité. Résolu à faire taire ses adversaires, cette mesure ne devrait cependant cibler que les «complices» et les «sympathisants» du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

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Déchéance de la nationalité, une idée française ?

Probablement inspirées par le gouvernement français, les déclarations de Recep Tayyip Erdoğan suscitent autant de critiques que d’inquiétudes. De fait, si cette mesure devait être mise en place, elle pourrait concerner l’ensemble de l’opposition. Ainsi, les universitaires, les élus politiques, les journalistes, les intellectuels ou simples citoyens pourraient être privés de leur identité pour avoir usé de leur liberté d’expression et s’être montré solidaire envers le peuple kurde.

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Entre autres mesures scandaleuses, le gouvernement a également lancé une procédure de levée de l’immunité de plusieurs députés du Parti démocratique des peuples (HDP), parti légal et pro-kurde de l’opposition. Depuis la reprise du conflit kurde, qui s’est illustré par une guerre civile menée dans le plus grand silence au sud-est de la Turquie, de nombreux élus ont été arrêtés et accusés d’avoir participer à la propagande «terroriste» du PKK.

Mardi, Recep Tayyip Erdoğan a d’ailleurs rappelé ce que représentait pour lui les universitaires, militants, intellectuels, élus et journalistes qui se sont opposés à sa politique :

Les partisans (du PKK) qui se présentent comme des universitaires, des espions qui s’identifient comme journalistes, un activiste déguisé en homme politique (…) ne sont pas bien différents des terroristes qui jettent des bombes.

De son côté, le Premier ministre Ahmet Davutoglu a toutefois tempéré les propos du président depuis la Finlande, assurant que «pour le moment», l’idée d’instaurer la déchéance de la nationalité n’était «pas mûre».

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