David Cormand : « Je ne suis pas candidat à être gardien d’un cimetière ! »

Le vote des assemblées régionales, samedi, a définitivement clarifié la position d’EELV, estime son secrétaire national par interim.

Patrick Piro  • 29 mai 2016
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David Cormand : « Je ne suis pas candidat à être gardien d’un cimetière ! »
© photo : JACQUES DEMARTHON / AFP

La motion de David Cormand est arrivée en tête du premier tour du congrès d’Europe écologie les Verts (EELV). Actuel secrétaire national par intérim suite au départ d’Emmanuelle Cosse au gouvernement, il devrait donc être élu à ce poste lors du second tour le 11 juin à Pantin. Dans un parti en plein marasme, il appelle au rassemblement de tous pour faire face à la responsabilité historique des écologistes.

Un second tour dominé par le casting ?

L'élection des instances d'EELV, dont l'équipe dirigeante, sera finalisée lors du congrès qui se tiendra le 11 juin à Pantin (93). Dans un parti qui comptabilise 5 775 adhérents, quelque 3 200 d'entre eux ont participé le 28 mai aux votes de premier tour dans les régions. La motion « Réinventer, horizon 2025 » (David Cormand, Cécile Duflot, Julien Bayou…) est arrivée en tête avec 35,1 % des voix, suivie par « L'écologie en commun » (Alain Coulombel, Sandrine Rousseau…) avec 24 %, puis « L'imprévu » ( Élise Lowy, Yves Cochet, Alain Lipietz…) avec 16,8 %, devant Europa (Henri Arevalo, Ronan Dantec, Jean Desessard…) avec 16,4 % et Tictac (Aurélie Brochard, Benjamin Joyeux…) avec 6,9 %.

La liste de Cormand, qui tentera a priori la synthèse de toutes les motions, devra œuvrer à des compromis, probablement dominés par le choix des personnalités appelées à faire partie du Bureau exécutif, dans un parti où le « casting » joue souvent un rôle prédominant dans les accords internes.

Le vote des assemblées régionales, samedi 28 mai, montre un parti très éclaté, en dépit de la crise profonde qu’il traverse. Cela vous inquiète ?

David Cormand : 35 % des voix, c’est beaucoup pour les écologistes. Dans un parti qui cultive une forte tradition de démocratie et de diversité, il est bien rare qu’une motion dépasse un tel niveau au premier tour. Ce vote devait trancher le débat sur le leadership, c’est fait, les militants se sont exprimés. Et au vu des conditions difficiles que nous traversons, j’en suis très satisfait !

J’en appelle maintenant au rassemblement de tous. C’est largement possible, puisque sur le fond il n’y a pas de division sur le projet de l’écologie, et qu’il y a consensus sur la nécessité de remettre tout à plat pour faire progresser l’écologie politique — notre règlement abscons, des pratiques inadaptées… Et parmi les cinq motions en présence, la stratégie de l’indépendance est acquise pour tous, accompagnée d’une rupture avec la politique gouvernementale, clarification définitive s’il en était encore besoin. Car même la motion Europa, la seule à laisser la porte entrouverte, pose des conditions fortes à une alliance avec le PS.

Reste l’hypothèse que des motions minoritaires se mettent d’accord sur votre dos, car les critiques envers les membres de la direction sortante, dont vous êtes, ne sont pas apaisées…

C’est le scénario du calcul politique. J’entends parler de l’hypothèse d’une fusion entre les motions Écologie en commun et L’imprévu, mais elles n’obtiendraient qu’une majorité relative ! Dans la situation où le parti se trouve, je n’envisage même pas que l’on puisse envisager une telle option… Après le temps de l’opportunisme, qu’on n’en arrive pas aux replis sectaires ! Pour ma part, je ne souhaite exclure personne. Alors si chacun se préoccupe uniquement des enjeux, il n’y aura pas de difficultés à obtenir le rassemblement le plus large qui soit. Aujourd’hui, nous sommes face à nos responsabilités. Je ne suis pas candidat à être le gardien d’un cimetière, je veux me consacrer à remettre les écologistes en route pour qu’ils puissent jouer leur rôle historique.

La stratégie d’EELV se précise-t-elle pour 2017 ?

Europa, la seule motion qui défendait une primaire à gauche, n’a recueilli que 16 % des voix. Le parti s’est exprimé : pour la prochaine présidentielle, il aura un candidat porteur d’un projet écologiste. De mon point de vue, il ne sera pas nécessairement issu des rangs d’EELV, et ce ne sera pas non plus Jean-Luc Mélenchon.

Politique
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