Et si Canal + disparaissait ?
Alors que Vincent Bolloré menace de fermer la chaîne, retour sur une antenne qui a œuvré pour le meilleur. Et le pire.
dans l’hebdo N° 1405 Acheter ce numéro

C’est le 21 avril. Et l’heure de rendre des comptes aux actionnaires pour le groupe Vivendi. Président du conseil de surveillance, Vincent Bolloré annonce la couleur à l’Olympia. L’année est mauvaise, avec 400 millions de pertes annoncées pour 2016 du côté de Canal +, sur sa seule activité française. Mais on se veut rassurant : la chaîne cryptée ne mettra pas « indéfiniment la main à la poche ». Au besoin, « on coupera le robinet », souligne le milliardaire breton. La menace est lourde de scénarios.
En cause, notamment, dans un contexte concurrentiel vif, la baisse des abonnements. Selon le site Les Jours, Canal + aurait perdu 200 000 abonnés au premier trimestre 2016. La chaîne enregistre 381 000 désabonnements contre 185 000 nouveaux abonnés sur la même période. En 2015, point de départ de l’hémorragie, 405 000 abonnés avaient déjà rendu leur décodeur. À ce rythme, le nombre de désabonnements pourrait bientôt atteindre 800 000. C’est beaucoup au regard des 7 millions d’abonnés recensés.
En conséquence de quoi, les réductions seront drastiques. On l’a observé nettement au Festival de Cannes, avec une couverture a minima. Dans le même esprit d’économie, le groupe a laissé circuler l’hypothèse de la vente de sa chaîne d’info en continu, i-Télé, avant de revenir en arrière. Ces transactions financières et réductions budgétaires ponctuent une année de reprise en main musclée de la part de Vincent Bolloré, avec des évictions à la pelle. À commencer par