Brexit : Un pays déchiré
Après l’assassinat de la députée travailliste Jo Cox, c’est la violence de la campagne qui est mise en cause. Correspondance.
dans l’hebdo N° 1409 Acheter ce numéro

Quel que soit le mobile du tueur, l’assassinat de la députée travailliste Jo Cox, abattue par balles le 16 juin devant sa permanence de Birstall, dans le nord de l’Angleterre, a agi comme un révélateur tragique de la violence du débat autour du Brexit. Sans que l’on puisse encore mesurer son impact sur le référendum du 23 juin, ce drame a mis en évidence le cynisme et l’extrémisme des arguments utilisés de part et d’autre. La campagne anti-immigrés d’une partie de la droite et de l’extrême droite, favorables à la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, aurait pu inspirer le geste de Thomas Mair, connu pour être proche de groupes néonazis. Un soupçon corroboré par des témoins qui ont entendu le meurtrier crier « Britain first » (Grande-Bretagne d’abord) tandis qu’il tirait sur Jo Cox.
Il est vrai que, peu à peu, la campagne a atteint des sommets de démagogie. La question « Le Royaume-Uni doit-il rester membre de l’Union européenne ou la quitter ? » a rapidement été éclipsée par d’autres débats. Pour guider le vote des électeurs, les politiques ont déployé des arguments aussi