Dossier : Brexit : Une campagne assassine

Brexit : Une campagne assassine

À deux jours du scrutin, les sondages outre-Manche donnaient au coude-à-coude les deux camps. Il semble que l’émotion provoquée par l’assassinat de la députée travailliste Jo Cox ait décidé des indécis à rejoindre le camp des pro-Européens.

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Le Royaume-Uni restera-t-il dans l’Union européenne ? Bien malin celui qui, avant le résultat de ce référendum surnommé « Brexit » (contraction de « Britain » et d’« exit », sortie), serait capable de le dire. À deux jours du scrutin, les sondages outre-Manche (qui se sont souvent trompés par le passé) donnaient au coude-à-coude les deux camps, alors que le vote en faveur du Brexit était donné largement vainqueur quelques jours auparavant, comptant jusqu’à 7 points d’avance.

Il semble que l’émotion provoquée par l’assassinat de la députée travailliste Jo Cox, fortement engagée pour le maintien dans l’UE, par un déséquilibré proche des néonazis, ait décidé des indécis à rejoindre le camp des pro-Européens. Mais quelle que soit l’issue du scrutin du 23 juin, le Royaume-Uni ne sortira pas indemne d’une campagne qui a, des mois durant, fracturé le pays, comme le souligne l’article d’Emmanuel Sanséau (ci-contre). C’est que la question posée touche finalement à l’identité du Royaume-Uni, à ses rapports avec le continent et au-delà, jusqu’à mettre en jeu l’unité du pays, puisque les Écossais penseraient de nouveau fortement à l’indépendance (afin de rester dans l’UE) si le Brexit venait à l’emporter… Dans tous les cas, le coup électoral espéré par Cameron avec ce référendum est un désastre pour son parti. C’est le résultat d’une campagne qui a viré à l’opposition entre les arguments de la finance et ceux d’une droite xénophobe. Quel parti prendre dans ce débat faussé ? Au milieu de cette confusion, on lira avec intérêt la précieuse analyse de Tariq Ali (p. 24 et 25).


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