Taxe sur les transactions financières : énième dérobade des leaders européens

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


Le sommet des ministres des Finances européens, ces 16 et 17 juin au Luxembourg, devait être l’aboutissement de quatre années de discussions pour une taxe sur les transactions financières. Il n’en a rien été. L’accord a été une énième fois repoussée à la réunion suivante, programmée en septembre.

Les dix pays engagés dans ces discussions pour une coopération renforcée (France, Allemagne, Belgique, Portugal, Autriche, Slovénie, Grèce, Espagne, Italie, Slovaquie) s’en remettent à 2 groupes d’experts chargés de travailler le détail du projet. « Tout le monde a conscience que si nous n'avons pas de solution en septembre, c'est très probable que nous n'y parviendrons pas du tout », a prévenu le ministre autrichien des Finances, Hans Schelling au moment d’annoncer le report de la décision.

« Les ministres déploient un nouvel écran de fumée et repoussent le moment tant attendu. À force de reculades, les 10 pays, dont la France, sont en train de transformer la TTF en "zombie" », déplore Alexandre Naulot, responsable de plaidoyer Secteur financier à Oxfam France.

À LIRE >> La taxe sur les transactions financières de report en report

Caramba, encore raté !

-Ajout, 17/06 à 11 h : La délégation socialiste française au Parlement européen a ironisé, vendredi, dans un communiqué intitulé « caramba, encore raté ! », déplorant l'échec de cette « réunion de la dernière chance ».

Cela serait presque risible si le sujet n’était pas aussi important. (...) Gouverner, c’est choisir. L’Europe paye, là encore, l’absence totale d’un leadership garant de l’intérêt général.

-16 h, la réaction d'Attac : « La France a longtemps fait de l’obstruction et promu un projet de taxe au rabais. François Hollande est en grande partie responsable du piétinement des négociations, qui renvoie la mise en œuvre éventuelle de la TTF au delà de 2018 », déplore Dominique Plihon, d'Attac, rappelant que la promesse d'une taxe ambitieuse sur les transactions financières figurait au programme du candidat Hollande en 2012.


Haut de page

Voir aussi

Articles récents