Dossier : Ventes d’armes : Une tartuferie française

Ventes d’armes : Une tartuferie française

Le gouvernement se fait un titre de gloire des « performances de l’industrie de la défense ». C’est oublier un peu vite qu’elles ont donc un prix, élevé.

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La France est sur le point de devenir le deuxième exportateur mondial d’armement. Le gouvernement et le Parti socialiste se font un titre de gloire des « performances de l’industrie de la défense », au prétexte classique qu’elles seraient bonnes pour la croissance et l’emploi. C’est oublier un peu vite qu’elles n’auraient pas été possibles sans la collaboration active des clients privilégiés que sont l’Arabie saoudite et l’Égypte. Et qu’elles ont donc un prix, élevé : un grand écart permanent entre, d’une part, la proclamation urbi et orbi d’un indéfectible attachement aux droits de l’homme et, de l’autre, une immense complaisance lorsqu’il s’agit de vendre des matériels militaires à des régimes qui piétinent quotidiennement ces droits. Le contrôle parlementaire de ces transactions est quasiment inexistant : députés et sénateurs se montrent trop indifférents à l’opacité qui entoure le commerce des armes. Ces pratiques les engagent pourtant, comme tout un chacun. Car, en une telle matière, notre responsabilité collective et première n’est pas économique : elle est d’abord politique.


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