A-t-on encore besoin des partis ?

Les partis politiques traditionnels sont désertés. Pourtant, on n’a jamais eu en France aussi soif de démocratie.

Pauline Graulle  • 13 juillet 2016
Partager :
A-t-on encore besoin des partis ?
© Photo : STEPHANE DE SAKUTIN/AFP.

Avec la loi travail, François Hollande n’a pas seulement sabordé son avenir politique. Une nouvelle fois, il a envoyé ce message glaçant aux citoyens : l’alternance ne sert à rien, donc la démocratie est… inutile. Le recours bis repetita au 49.3 pour faire adopter une loi rejetée par 7 Français sur 10 a fait déborder le vase d’une colère – qui confine au désespoir – jamais vue dans le pays. Colère froide de ceux qui appellent à boycotter la prochaine présidentielle, ou colère brûlante de ceux qui caillassent les représentants de l’État lors des manifestations. Chaque fois s’exprime le même refus de jouer un jeu qui n’a de démocratique que les apparences.

Corollaire de ce rejet grandissant de la classe politique : les partis traditionnels sont désertés. Devenus le symbole d’un monde politique coupé de la vie réelle, accusés d’être plus occupés à se regarder le nombril qu’à essayer de résoudre les problèmes des gens, ils apparaissent comme une impasse. Sur fond de profonde crise idéologique, le PS – ce qu’il en reste – est en première ligne : permanences vandalisées, appel « à ne plus jamais voter socialiste », annulation historique de son université d’été par peur des violences.

Certains responsables politiques ont bien compris qu’une (r) évolution des comportements est à l’œuvre. Mélenchon, Macron ou Hulot – avant de jeter l’éponge – et, à sa manière, Le Pen prennent leur distance avec le clivage gauche-droite et proposent un engagement en dehors des partis existants. « Populistes ! », s’écrient aussitôt les commentateurs, sans voir qu’ils passent peut-être à côté de l’essentiel : on n’a jamais eu en France aussi soif de démocratie.

Politique
Publié dans le dossier
A-t-on encore besoin des partis ?
Temps de lecture : 1 minute
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Procès RN : le compte à rebours est lancé pour Marine Le Pen
Récit 11 février 2026 abonné·es

Procès RN : le compte à rebours est lancé pour Marine Le Pen

Le procès en appel des assistants parlementaires du RN s’est achevé ce mercredi 11 février à Paris, après les dernières plaidoiries de la défense. La cour a mis sa décision en délibéré, attendue d’ici à juillet, avec l’inéligibilité de Marine Le Pen en ligne de mire.
Par Maxime Sirvins
Procès du RN : pourquoi Bardella n’en a pas fini avec les Le Pen
Parti pris 11 février 2026

Procès du RN : pourquoi Bardella n’en a pas fini avec les Le Pen

À l’approche du verdict dans le procès de Marine Le Pen et du RN, c’est bien plus qu’une décision judiciaire qui se profile. Selon qu’il fragilise ou renforce la figure centrale du RN, le jugement pourrait accélérer une transition générationnelle. L’issue du procès s’annonce comme un moment charnière pour l’extrême droite française.
Par Pierre Jacquemain
Fin de l’ère Le Pen ? Trois spécialistes de l’extrême droite décryptent l’hypothèse Bardella
Idées 11 février 2026 abonné·es

Fin de l’ère Le Pen ? Trois spécialistes de l’extrême droite décryptent l’hypothèse Bardella

La fin du procès des assistants parlementaires européens du RN laisse de plus en plus se dessiner le scénario d’une présidentielle sans Marine Le Pen. Mais pour l’instant, le parti prépare davantage un remplacement qu’un changement.
Par Maxime Sirvins
À Évry, les socialistes se déchirent sur l’alliance avec l’insoumise Farida Amrani
Municipales 11 février 2026 abonné·es

À Évry, les socialistes se déchirent sur l’alliance avec l’insoumise Farida Amrani

Les socialistes locaux ont décidé de soutenir la députée et candidate à Évry-Courcouronnes. La direction nationale du parti et la fédération de l’Essonne contestent cette prise de position et accusent le responsable socialiste de la section locale de ne pas respecter les statuts de sa propre formation.
Par Lucas Sarafian