Des citoyens appellent à ne plus jamais voter PS

Déçus, pour ne pas dire écœurés, une dizaine de citoyens anonymes ont décidé de renoncer au vote « utile ». Ils demandent aux candidats futurs de s'engager à ne plus voter PS.

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Indignés, ils ne voteront plus PS et le font savoir. Réunis autour d'un même objectif, une dizaine d'anonymes, encartés ou non, ont mis en ligne une pétition, « Nous ne voterons plus jamais PS : chiche ! » accompagnée d'une campagne sur Facebook et Twitter (avec le hashtag #PlusJamaisPS). Cet appel citoyen qui ne cache pas se situer dans la continuité de celui lancé par François Ruffin, directeur du journal Fakir, récuse toute récupération par des formations politiques. Mais fixe comme défi aux électeurs de la gauche de se débarrasser du PS et de « mettre fin à cette machine infernale en sanctionnant le parti dans les urnes ».

« Atteinte au droit de manifester, chômage, casse du code du travail, déchéance de nationalité, Notre-Dame-des-Landes, traités européens imposés, répression syndicale, violence policière, état d’urgence... » Autant de raisons qui motivent cette pétition et le renouvellement de ce serment, déjà prêté sur les places publiques à l'occasion des Nuits debout : ne plus « jamais » voter PS.

Professeur de mathématiques, Marian est l’un des auteurs de ce texte. Ancien militant du Front de gauche, l’enseignant s’en est désengagé en janvier, suite à la fusion de sa liste avec celle du PS au second tour des régionales. Un évènement qu'il considère aujourd'hui comme une trahison. Parmi les rédacteurs, il n’est d’ailleurs pas le seul à s’être éloigné des partis politiques pour ces mêmes raisons. « Ce que nous voulions avec cet appel, c’est dire que nous, citoyens, nous ne marchions plus dans ces combines, reprend Marian. Parce qu'elles sont responsables de la montée de l’extrême droite, ou même de la désespérance des gens de la gauche. » Mais l'objectif est aussi « de faire pression pour que les futurs candidats de gauche ne votent pas, ni n'appellent plus, à voter pour le PS », poursuit-il, en évoquant Jean-Luc Mélenchon, Philippe Poutou ou Cécile Duflot. Et cette promesse, le professeur de mathématiques l'attend « dès maintenant » puisque « nous savons bien que remettre la décision à plus tard, au soir du premier tour par exemple, c'est en quelque sorte se rallier au PS ».

Lancé il y a une quinzaine de jours, l'appel au boycott avoisine aujourd'hui le millier de signatures. Sans tête d'affiche, ce cri de protestation « qui vient par le bas » espère trouver un écho favorable dans les différents mouvements de contestations, notamment celui contre la loi travail, et ainsi permettre le renouvellement de la gauche. Reprenant une phrase d'Emmanuel Todd, les rédacteurs de cette pétition rappelle qu'il « ne faut pas regarder ça comme un geste négatif, mais au contraire positif : se débarrasser du Parti socialiste, c’est ouvrir un champ des possibles ».


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