La motion de censure de gauche joue l’arlésienne

Il a manqué une nouvelle fois deux signatures… En conséquence, le projet de loi travail est considéré comme adopté en seconde lecture, avant de repartir au Sénat.

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Des députés de gauche ont échoué mercredi, une nouvelle fois à deux signatures près, à déposer une motion de censure contre le gouvernement (voir le texte), au lendemain du second recours au 49.3 pour le projet de loi travail, ont indiqué des socialistes.

LIRE >> Loi travail : La farce antiparlementaire de Manuel Valls

Après le déclenchement express du 49.3 par le Premier ministre pour forcer l'adoption du texte contesté depuis quatre mois, Front de Gauche et écologistes contestataires se montraient déterminés à transformer l'essai. Mais tout reposait entre les mains des socialistes critiques d'une ligne jugée trop libérale.

« Nous nous sommes battus jusqu'au bout contre le cynisme, les pressions... et la loi travail. 56 députés de toute la gauche ont accompagné cette démarche. Ils continuent ensemble », a notamment indiqué à l'AFP le chef de file des frondeurs PS Christian Paul. « Les pressions et intimidations sont fortes », témoignait un député socialiste dans la matinée. Pour l'ancien PS Philippe Nogues, désormais non inscrit, « l'appareil sait cibler les moins solides ». « Même très en colère, un certain nombre ne sont pas prêts à franchir le cap », constatait le député (PS) de l’Essonne, Michel Pouzol.

C'est le cas des aubrystes. En désaccord avec une « démarche sécessionniste » qui « crée des divisions supplémentaires et n'a aucune chance d'aboutir », ils avaient fait savoir qu’il n’y participeraient pas, « comme la dernière fois ».

Dans un communiqué, « les députés du Front de gauche regrettent que les députés socialistes qui disaient s’opposer au texte ou même à la brutalité gouvernementale n’aient pas saisi ce seul levier institutionnel pour mettre un terme au mépris affiché, par le Gouvernement, envers le peuple et ses représentants. De fait, sans motion de censure, le texte est aujourd’hui adopté avec la complicité de la droite qui en approuve la philosophie. »

Ce nouvel échec a suscité l’ironie satisfaite de Bruno Le Roux, le président du groupe des députés socialistes.

Chaises musicales socialistes

Fin mai, le défi avait déjà tourné court, à deux signatures près, après un premier recours au 49.3 sur le projet de loi porté par Myriam El Khomri. 28 socialistes ou apparentés, dont les ex-ministres Benoît Hamon et Aurélie Filippetti, 10 écologistes, 13 élus Front de Gauche et ultra-marins, un radical de gauche et quatre non inscrits avaient alors paraphé.

LIRE > La gauche échoue de peu à déposer une motion de censure

La répartition politique des signataires n'a pas changé. En effet quatre socialistes, signataires de la précédente motion avorté, ont refusé leur paraphe alors que quatre de leurs collègues ont apporté le leur.

Signataire en mai, Yann Galut était convaincu cette fois qu'il n'y aurait « pas une majorité pour renverser le gouvernement », la droite ayant fait savoir qu’elle ne voterait pas « une motion des casseurs ». Le député du Cher a estimé que ce serait « un coup d'épée dans l'eau » qui aboutirait à « laisser le parti à Manuel Valls » ; la direction du parti ayant annoncé qu’elle exclurait ceux qui voteraient la censure. Pour lui, cela va se régler via « les primaires citoyennes ». Les trois autres députés qui se sont dédits sont : Alexis Bachelay, Isabelle Bruneau et Laurent Kalinowski.

Ils ont été remplacés par Sylviane Alaux, Philippe Baumel, Nathalie Chabanne et Hervé Feron.


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