Le plus grand écrivain du monde…
Il y a quatre-vingts ans, le premier roman de John Fante, La Route de Los Angeles, était refusé par tous les éditeurs. Un départ malheureux pour un auteur longtemps mésestimé.
dans l’hebdo N° 1413-1415 Acheter ce numéro

Avril 1974. Stephen Cooper, futur biographe de John Fante, envoie une lettre à celui qui n’est alors qu’un obscur écrivain. Quelques jours auparavant, Cooper avait lu une interview du scénariste Robert Towne, dont le Chinatown venait d’être porté à l’écran par Roman Polanski. Towne y révélait sa difficulté, dans l’écriture, à saisir le parler populaire des années 1930 et expliquait que seul un livre l’avait mis sur la voie : Demande à la poussière, de John Fante. Selon lui, Fante était aussi l’auteur qui avait su le mieux capter l’ambiance du Los Angeles de l’entre-deux-guerres.
Intrigué, Cooper court les librairies à la recherche d’un exemplaire du livre. Sans succès, il finit par s’adresser à Fante. Celui-ci l’informe qu’il n’en a pas et conclut son courrier par ces mots tragiques : « L’écriture est un superbe travail mais le métier d’écrivain est horrible. »
Lorsque Fante reçoit la lettre de Cooper, il est au creux de la vague. Lui qui, jeune homme, se voyait comme le plus grand écrivain de l’histoire, n’a pas publié une ligne depuis vingt ans. Italo-américain, Fante est né à Denver en 1909. Après une enfance difficile entre une mère bigote et un père alcoolique, il s’est installé à Los Angeles, où il est devenu écrivain. Il a publié quelques livres dans les années 1930, Bandini et Demande à la poussière, bien accueillis par la
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