Notre-Dame-des-Landes : Un demi-siècle d’entêtement
Cinquante ans après son émergence, le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est devenu l’emblème des « grands projets inutiles », cristallisant une opposition de plus en plus résolue.
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Qui sont les entêtés ? Si Notre-Dame-des-Landes est « la plus vieille et longue lutte foncière de France », comme l’affirme l’opposant local Julien Durand, c’est que le projet d’aéroport remonte à la fin des années 1960. Et sa survivance en 2016, avec une ambition à peine retouchée, raconte l’invraisemblable résilience d’une idée accouchée des Trente Glorieuses, rescapée des chocs pétroliers, insensible à la crise économique, et méprisant désormais la crise écologique.
Au début des années 1970, le doigt des ingénieurs de la Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire (Datar) désigne un bocage niché entre Nantes et Saint-Nazaire : Notre-Dame-des-Landes. Idéal pour un aéroport international – futur « Rotterdam aérien » de l’Europe pour une future « Ruhr du XXIe siècle », s’enthousiasment des élus. « Le projet ressortait à chaque élection locale », raconte Sylvain Fresneau, exploitant sur cette aire convoitée. En 1974, elle devient « zone d’aménagement différé » (ZAD) pour que le conseil général puisse peu à peu préempter les terres disponibles, « pour un futur projet qui n’était jamais débattu », précise-t-il.
L’aéroport était taillé pour accueillir le Concorde et jusqu’à 9 millions de passagers par an en 2000, quand celui de Nantes-Atlantique, au sud de Nantes,