Réchauffement : des milliards d'arbres menacés

Mort de 66 millions d'arbres en Californie, menaces en Europe, les forêts du monde menacées de disparition

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D’après une récente étude, aérienne et de terrain, les spécialistes du Service forestier de Californie ont enregistré la mort de 26 millions d’arbres dans le Sud-Ouest de l’État entre le mois d’octobre 2015 et le mois d’avril 2016. Ils s’ajoutent, toujours selon les forestiers américains, à la mort de 66 millions d’arbres de toutes essences depuis l’année 2010. Une hécatombe sans précédent historique connu, essentiellement liée au réchauffement climatique et à l’irrégularité des précipitations. En Arizona, dans l’Utah et le Colorado, les responsables des forêts estiment qu’en quelques années, 90 % des pins ont disparu, littéralement asséchés sur pied quels que soient leurs stades de développement.

Qu’il s’agisse des États-Unis, de l’Europe, de la Russie et des pays du Sud, notamment l’Inde ou la Chine, les spécialistes des forêts tentent en vain de sonner l’alarme sur l’avenir menacé des forêts mondiales. De Klaus Katzenstein de l’Université de Vienne à Tim Newhold de l’University College de Londres en passant par Jôrg Prietzel dans Nature Geoscience ou le journal Ecosphere, les explications se ressemblent. Sous l’effet de la montée des températures ou des périodes de chaleur extrême, les arbres, surtout assez vieux, ne parviennent plus à installer de nouvelles racines en direction de l’humidité profonde. Ils commencent par produire moins de graines et la régénération naturelle se fait de plus en plus difficilement. D’autant plus que l’humus et les terres sur lesquels ils se nourrissent ou dans lesquels s’alimentent les pousses s’appauvrissent rapidement. D’autre part, les hivers étant de plus en plus doux, les larves d’insectes sont de plus en plus nombreuses à résister à une saison qui n’est plus assez froide, attaquant toutes les espèces dès l’éclosion des prédateurs. Les douceurs anormales facilitent également les ravages des maladies. Des phénomènes et aléas que connaissent bien les arboriculteurs dans les vergers, en France et dans toute l’Europe.

Klaus Katzenstein, forestier de l’Université de Vienne, explique que tous ces facteurs mettent également en danger toutes les forêts alpines. La mort lente des arbres a également été signalée dans les forêts du sud de l’Allemagne par les scientifiques de la forêt de l’Université technologique de Munich. Une constatation partagée par l’organisation Global Change dont l’étude publiée au mois de juillet explique que tous les bouleaux de l’Europe sont touchés depuis des années et que beaucoup d’entre eux ont désormais atteint un état critique.

Ces observations sur le dépérissement quasiment mondial des forêts rejoignent l’étude publiée en juillet par la revue Sciences et qui explique que « les sociétés humaines sont très menacées par la perte de biodiversité de tous les écosystèmes de la planète » et que « la récession écologique en cours est bien pire et bien plus dangereuse que les récessions économiques ». Avertissement qui rejoint la déclaration d’un auteur, Tim Newhold, d’une étude sur l’avenir des arbres pour l’University College de Londres : « désormais, nous jouons à la roulette écologique ».


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