FSM : Pour une justice écologique, enfin !

Barrages, oléoducs, industries pétrolières ou chimiques… Au Sud comme au Nord, les populations pauvres et les peuples autochtones, pollués et méprisés, dénoncent une nouvelle forme de colonisation.

Patrick Piro  • 24 août 2016 abonné·es
FSM : Pour une justice écologique, enfin !
© Photo : Ilyes/ CITIZENSIDE Gaidi/AFP
« Bring back our girls ! », lance Isaac Asume Osuoka. « Rendez-nous nos filles ! » : le slogan a fait connaître au monde entier l’enlèvement de 276 lycéennes en 2014 par les terroristes de Boko Haram. « Mais, au cours des dernières années, ce sont des milliers de jeunes filles qui ont été capturées à la frontière nord-est du Nigeria et du Cameroun, dans la région du lac Tchad. C’est l’une des conséquences d’un désastre climatique », affirme le co-coordinateur du Gulf of Guinea Citizens Network, qui travaille notamment auprès des populations nigérianes affectées par l’exploitation pétrolière du golfe de Guinée.

Près de 60 millions de personnes dépendaient autrefois de l’eau du lac, ressource considérablement réduite par le réchauffement. Et l’exode vers le Sud a suscité des conflits entre populations musulmanes et chrétiennes. Les jeunes filles enlevées sont donc « victimes d’un dérèglement qu’elles n’ont en rien contribué à constituer. Le remboursement de cette dette écologique devient le paradigme moderne de nos luttes ! », poursuit Isaac Asume Osuoka, pour qui il s’agit là d’une nouvelle phase de la colonisation : _« Les firmes du Nord ont privatisé des pans entiers de nos pays pour l’exploitation minière et pétrolière. Les villages sont pollués. Des gens meurent

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Temps de lecture : 7 minutes