Réforme du collège : appel à la grève le 8 septembre

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Avant veille de la rentrée : une intersyndicale d’enseignants appelle à une journée de grève le 8 septembre contre la mise en place de la réforme du collège.

L’autoritarisme, le mépris manifestés par la ministre de l’Éducation qui a négligé de répondre aux demandes d’audience de l’intersyndicale du second degré, la désorganisation causée dans les collèges par la réforme n’ont fait que renforcer la détermination à combattre cette dernière, explique un communiqué signé notamment par le Sens, FO, la CGT, Sud Education, Solidaires…

L’intersyndicale a appelé les collègues à ne pas mettre en œuvre des dispositifs imposés et qu’ils jugent inefficaces ; elle demande à l’ensemble des personnels du second degré de recenser et faire remonter dans le cadre des assemblées générales de pré-rentrée tous les problèmes d’une rentrée qui s’annonce très difficile : collège, lourdeur des effectifs en lycée, insuffisance des moyens affectés à la vie scolaire, emplois du temps…

Le 19 mai 2016, le Snes-FSU appelait à « entrer en résistance pédagogique » :

La préparation de la rentrée a pris du retard, plus personne ne vante la qualité des formations imposées aux personnels ni ne croit à la mise en place de l’AP [Accompagnement personnalité, NDLR] et des EPI [Enseignements pratiques interdisciplinaires, NDLR] tels que prévus sur le papier.

Cette réforme n’est pas celle qu’il fallait. Elle n’est pas non plus celle qu’elle prétend être : elle n’aidera pas les élèves à mieux réussir, risquant même de mettre les plus fragiles encore plus en difficulté. Elle constitue aussi pour les personnels que nous sommes une inutile source de complication des métiers et conduit à un encadrement renforcé, toujours plus tatillon et prescriptif, de notre activité. Elle met en danger ou dénature nombre de disciplines scolaires.

« La réforme du collège n’est pas l’apocalypse annoncée, la terre ne se fendra pas en deux, et l’on continuera par exemple, et j’en suis heureuse, à enseigner le latin et le grec. », a tenté de rassurer, un brin ironique, la ministre Najat Vallaud-Belkacem lors de son discours de rentrée.

Il n’y a guère que le Se-Unsa qui ne s’inquiète pas : « Emparons-nous collectivement de cette réforme ! », clame-t-il dans un document édité sous forme de « Guide pratique ».

Cette réforme donne plus de marge de manœuvre aux équipes pédagogiques pour construire un projet cohérent pour les élèves. Cette autonomie pédagogique s’exerce bien dans un cadre national : programmes et horaires sont les mêmes pour tous. Leur mise en œuvre diffèrera dans les collèges, sur le temps précis des enseignements complémentaires (AP et EPI) environ 15 % de l’emploi du temps des élèves.

Le point fort de cette réforme, c’est de donner des heures professeurs conséquentes à toutes les classes pour améliorer les conditions d’enseignement. Ce sont des moyens en plus qui bénéficieront à tous les élèves et à toutes les disciplines.

Ni révolution pédagogique ni réformette de plus, le vrai changement induit par cette réforme est de généraliser l’accompagnement et les projets interdisciplinaires à tous les élèves, à tous les niveaux…

Que l’on soit méfiant ou confiant, la bonne nouvelle c’est que chacun de ces deux syndicats s’est appliqué à compiler une série de conseils pour que les enseignants ne se retrouvent pas (trop) démunis devant les classes.


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