Syrie : Pas de trêve sans solution politique

Après une petite semaine de répit, les populations des zones rebelles ont de nouveau subi des bombardements de l’aviation du régime.

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Ces derniers jours l’ont encore montré : il n’y aura pas de répit possible en Syrie sans décision politique. Après une petite semaine de répit, les populations des zones rebelles d’Alep et d’Idlib, au nord-ouest du pays, et de la Ghouta orientale, à l’est de Damas, ont de nouveau subi des bombardements ou des tirs de mitrailleuse en provenance de l’aviation du régime. Dans la province d’Alep, douze employés du Croissant-Rouge et leurs chauffeurs ont été tués par des frappes aériennes. L’Organisation syrienne des droits de l’homme disait, mardi, n’avoir pas pu déterminer l’identité des avions, russes ou syriens. Le convoi devait livrer des vivres aux 78 000 habitants d’Orum al-Koubra. Ce raid a été lancé quelques heures après que l’armée de Bachar Al-Assad eut annoncé « la fin du gel des combats ». Peu avant, Assad avait accusé les États-Unis d’avoir commis une « agression flagrante » en menant samedi un raid contre son armée à Deir Ezzor qui a fait au moins 90 morts. Un bombardement reconnu par les États-Unis qui ont affirmé avoir cru frapper des positions de Daech, et présenté leurs excuses. Quoi qu’il en soit, cette « bavure », si c’en est une, s’est produite tout à fait à l’est de la Syrie, dans une zone tenue par Daech, et qui n’était pas concernée par la trêve.

C’est à l’Ouest, dans ce qu’on appelle la Syrie « utile », celle des grandes villes, que se noue le conflit. Damas a accusé la rébellion d’avoir violé la trêve. Mais le principal blocage est venu du régime, qui a refusé d’ouvrir la route du Castello qui relie Alep à la Turquie, privant ainsi la population de toute aide humanitaire. L’acheminement de vivres était l’objet même de l’accord russo-américain.

De nouveau dans l’impasse, la crise syrienne devait être à l’ordre du jour de l’Assemblée générale des Nations unies qui s’ouvrait mardi à New York. Une nouvelle rencontre entre le secrétaire d’État John Kerry et son homologue russe, Sergueï Lavrov, était également au programme, avant une réunion du Groupe international de soutien à la Syrie (GISS). Ce groupe qui rassemble 23 pays ou organisations internationales est porteur d’une feuille de route diplomatique. Il y est question d’un « système d’administration fiable », de « délais » et de « procédures » pour élaborer une nouvelle constitution, puis d’élections « libres et justes ».Mais tout cela paraît d’une bien piètre littérature dans un conflit qui a fait plus de 300 000 morts. Tout se joue en réalité entre Moscou et Washington autour de deux questions : le départ de Bachar Al-Assad, et l’organisation d’un pouvoir de transition. Mais Vladimir Poutine ne semble pas prêt à lâcher son allié dans un contexte international difficile pour la Russie.


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