Bob Dylan, le triomphe de la « musique verbale »
Si le chanteur récuse le titre de poète qui lui fut parfois attribué, les textes de ses chansons livrent pourtant bien une « expression poétique ».
dans l’hebdo N° 1424 Acheter ce numéro

Bob Dylan, prix Nobel de littérature… Même si on avait déjà plusieurs fois mentionné le nom de « l’artiste qui enregistre pour les disques Columbia » (c’est ainsi qu’il est présenté à chacun de ses concerts) comme possible prétendant à la distinction, son attribution en 2016 – l’année des cinquante ans de la sortie de son chef-d’œuvre Blonde on Blonde – peut quand même étonner.
Certes, le chanteur, auteur prolifique, aura bien, à certains moments de sa carrière, « créé dans le cadre de la grande tradition de la musique de nouveaux modes d’expression poétique » – la justification donnée par le comité du Nobel. Il aura, avec quelques autres comme Leonard Cohen ou Van Morrison, apporté très tôt à la musique populaire anglo-saxonne une profondeur inédite, écrivant des paroles qui parlaient d’autre chose que de filles et de voitures, thèmes de la plupart des chansons rock’n’roll ou pop composées