Interview politique : Insolence ou révérence, telle est la question
Entre déférence et fausse insolence, recherche du buzz et quête d’audience, la contradiction argumentée, en radio et en télévision, s’avère l’exception plutôt que la règle.
dans l’hebdo N° 1425 Acheter ce numéro

Ce 15 septembre, c’était la rentrée politique de France 2. Et aussi celle de Nicolas Sarkozy, reçu par David Pujadas et Léa Salamé dans -« L’Émission politique » – succédant à « Des paroles et des actes », avec la promesse de renouveler le genre.
D’emblée, le débat s’articule autour des fichés S. « L’État de droit doit s’adapter à la menace », assène l’ancien président. Léa Salamé réplique aussitôt : « Enfermer quelqu’un qui n’a pas commis d’infraction, ce n’est pas un État de droit. » Très vite arrive ce que David Pujadas nomme « cette responsabilité morale » : « ce dépassement considérable des frais de campagne ». Il s’agit bien de l’affaire -Bygmalion. Léa Salamé renchérit : « Vous êtes mis en examen pour financement illégal de campagne. » « C’est faux, rétorque le candidat battu en 2012, c’est une mise en examen formelle. J’ai été mis en examen, et demain ce sera facile de le confirmer, pour le seul fait d’un dépassement de campagne. » Aucun des deux journalistes ne va revenir sur les raisons véritables de cette mise en examen, dont l’un des motifs (et Nicolas Sarkozy a raison, il est facile de vérifier !) est le fait d’avoir « recueilli et accepté des fonds en violation du code électoral », et non pas seulement d’avoir « dépassé le plafond des dépenses électorales ». Un motif qui a suffi au parquet pour demander le renvoi devant un tribunal correctionnel. En toute fin de programme, Charline Vanhoenacker se révélera bien la seule à bousculer l’ex-chef d’État avec un billet acide, insistant sur ses casseroles qui encombrent les archives de la justice.
Le 6 octobre, sur le même plateau, Alain Juppé additionne sans réelle contradiction approximations et contre-vérités (comme l’ISF que la France serait la seule à appliquer en Europe alors que cet impôt existe en Espagne