Emmanuel Macron patine dans la com’

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En déclarant sa candidature à la présidentielle, ce matin, Emmanuel Macron voulait à n’en pas douter marquer sa différence. Dans cette optique, choisir l’atelier mécanique d’un centre d’apprentissage, au cœur de la Seine-Saint-Denis comme décor de son annonce, devenue un secret de Polichinelle, était plutôt habile. Las. Les jeunes apprentis ont soigneusement été tenus à l’écart du spectacle, tout juste autorisés à apercevoir depuis une passerelle vitrée le ballet des journalistes autour du candidat. Et c’est sur une estrade flanquée des drapeaux tricolore et européen, devant un panneau bleu qui aurait pu être installé dans n’importe quelle salle, que ce dernier a prononcé sa déclaration derrière un pupitre trop large pour lui.

Ratée sur la forme, la déclaration macronienne n’a pas non plus brillé sur le fond. Durant quinze longues minutes, l’ancien ministre de l’Économie, de l’Industrie et du numérique a multiplié les poncifs et les formules creuses pour présenter sa candidature contre un « système politique bloqué » par des « règles obsolètes et claniques ». La justifiant par l’entrée « dans une ère nouvelle » de « grande transformation » à laquelle on ne pourrait « répondre avec les mêmes hommes et les mêmes idées ». Il affirme vouloir promouvoir une « révolution démocratique » mais ne la définit pas.

Ceux qui attendaient de l’ancien associé-gérant de Rothschild & Cie qu’il esquisse son projet ou énonce les points forts de son programme devront encore attendre. Longtemps. Car le candidat qui ambitionne de « faire réussir notre pays » (quel candidat ne le veut pas ?) et affirme que « l’enjeu n’est pas pour [lui] de rassembler la gauche [ou] de rassembler la droite [mais] de rassembler les Français », ne semble pas disposé à sacrifier à pareil rituel démocratique. « La solution, elle est en nous, a-t-il lancé, elle ne dépend pas d’une liste de propositions qui seront oubliées le jour d’après, et qui changent même parfois durant le temps de l’élection, et qui au fond sont là pour ne pas être appliquées. »

Comme au lancement du mouvement En Marche !, début avril, le programme d’Emmanuel Macron c’est avant tout… Emmanuel Macron, son visage neuf, son parcours, sa réussite. Un produit de com’, rien de plus.


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