Portrait d’un redoutable provocateur

L'élection de Donald Trump provoque un séisme partout dans le monde. La victoire du milliardaire républicain, jouant sur les peurs des Américains blancs laissés-pour-compte de la mondialisation, confirme cependant la dangereuse montée du populisme nationaliste.

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C’est la stupéfaction. Donald Trump, milliardaire de 70 ans et sans expérience politique, devient le 45ème président des États-Unis d’Amérique. Élu à la tête de la première puissance mondiale, avec 279 voix de grands électeurs, contre les 218 à sa rivale démocrate, Hillary Clinton, le candidat républicain a remporté des succès décisifs en Pennsylvanie, Caroline du Nord ou encore dans le Wisconsin, en limitant la percée démocrate.

Les républicains conservent le contrôle du Congrès, verrou stratégique qui permettra à la majorité de mettre pleinement en œuvre le programme du président élu. En contrôlant à la fois la Maison Blanche et le pouvoir législatif, les républicains auront la capacité de défaire les réformes du président Barack Obama, notamment celle, controversée, de l'assurance maladie surnommée « Obamacare ».

Le contrôle du Sénat et de la Chambre des représentants leur permettra par ailleurs d'avoir la haute main sur le processus de nomination des plus hauts responsables gouvernementaux et des juges de la Cour suprême, enjeu crucial aux États-Unis puisque la haute cour détermine la direction que prend le pays sur les grands sujets de société. Les républicains, qui détenaient jusqu'alors 54 sièges au Sénat contre 46 pour les démocrates, évitent ainsi d'avoir les mains liées en renouant avec le pouvoir.

Au programme, de trop nombreuses inquiétudes

L’homme d’affaire, qui a promis d'être « le plus grand président des emplois que Dieu ait jamais créé » et de construire un mur à la frontière mexicaine pour lutter contre l'immigration clandestine, l’homme qui a accusé le Mexique d'envoyer aux États-Unis ses « criminels, trafiquants de drogue et violeurs », investira la Maison Blanche le 20 janvier prochain.

Pour les observateurs, nul doute que les résultats du scrutin relèvent du vote « sanction » appliqué contre les élites et une classe politique trop confortablement installée, sûre d’elle et peu encline à changer les choses. Présenté comme l’homme qui a compris la colère des Américains, Donald Trump semble avoir touché une Amérique blanche, ignorée, modeste. Le milliardaire assène les coups aussi bien qu’il les reçoit. Muni de ses slogans anti-libre-échange et anti-immigration, l’homme promet de résoudre tous les problèmes, de « rendre à l’Amérique sa grandeur ».

Les soutiens de Trump se pressent à ses rassemblements, lui passant tous ses excès. Au sortir des meetings, les futurs électeurs du candidat n’ont de cesse de vanter ce ton nouveau, « politiquement incorrect, miroir de leurs frustrations et inquiétudes », analyse la correspondante de l’AFP à Washington. Enfonçant les portes de cette classe politique privilégiée, Donald Trump endosse l’habit du renouveau pour ces Américains en colère.

« Voyou », « gosse de riche », « égocentrique », l’homme qui se présente comme le candidat du peuple mène une vie de luxe, sans complexe. Avant de se lancer dans la campagne en juin 2015, Donald Trump était surtout connu pour son immense fortune, les tours, golfs et casinos à son nom, ses divorces relatés par les tabloïds, et pour avoir été l'animateur star de l'émission de télé-réalité « The Apprentice ». Aujourd’hui encore, Donald Trump ne se prive d’aucun plaisir, n'hésitant pas à afficher son Boeing privé en arrière-plan de ses meetings. Et là-même où le candidat républicain scandalise, il fascine. Pour ses défenseurs, l’homme a le « mérite » de dire ce qu’il pense, au risque, bien souvent, de dire n’importe quoi.


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