Pays basque : l'État arrête des pacifistes pour masquer son impuissance

Au point mort depuis cinq ans, la résolution du conflit basque bute sur les conditions du désarmement de l’ETA. Lors d'une « opération antiterroriste » menée par les forces de police françaises et espagnoles, cinq personnalités de la société civile ont été interpellées alors qu'elles avaient l'intention de neutraliser une partie de l'arsenal militaire.

Il ne s’agit pas d’une question politique : telle est la position officielle du gouvernement sur le conflit basque. Vendredi 16 décembre au soir, une vaste opération a conduit à l’interpellation de cinq « individus en relation avec l’organisation terroriste basque ETA » dans une maison isolée de Louhossoa, un village du Piémont pyrénéen. La DGSI, la brigade de recherche et d’intervention (BRI) de Bayonne et l’unité d’élite du RAID, assistés de la Guardia civil espagnole se sont emparés d'un important arsenal (armes, explosifs et munitions). Une opération présentée comme « un nouveau coup dur porté à l'ETA » par le nouveau ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux.

Des militants paysans, altermondialistes et écologistes

Pourtant, dans un communiqué inédit cosigné par Michel Tubiana, président d'honneur de la Ligue des droits de l'Homme (LDH), deux des personnes interpellées vendredi avaient déjà annoncé par voie de presse, courant octobre, leur intention de neutraliser les armes d'ETA. Il est clair aussi que « les personnes qui ont été arrêtées hier ne sont pas d'ETA, elles participaient à un processus de démilitarisation », analyse Jean Pierre Massias, universitaire en droit constitutionnel et expert auprès du Conseil de l’Europe. Figures locales de la reconnaissance de la langue basque, du syndicalisme agricole et du mouvement écologiste, les militants arrêtés sont en effet connus pour leur opposition historique et publique à la stratégie de lutte armée de l'ETA (1).

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