Ils vous ont menti !

Les résultats du Prix 2016 du menteur en politique, communiqués ce 19 janvier, distinguent essentiellement des figures de l'extrême droite et de la droite, dont François Fillon, mais aussi Manuel Valls.

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Et le menteur politique de l’année 2016 est… Robert Ménard. Le maire de Béziers obtient cette distinction pour nombre de ses déclarations concernant l’immigration. Mais, à une voix près, Manuel Valls a failli lui voler la vedette ! Ce dernier est épinglé pour « son retournement de veste spectaculaire en devenant candidat à la primaire du PS », peut-on lire dans le communiqué de presse du jury.

Il est le seul socialiste figurant parmi les primés, et en plus, il caracole en tête avec, pour représenter une certaine gauche, Jean-Pierre Chevènement, fervent soutien d’Arnaud Montebourg, qui décroche le prix spécial « grand remplacement » pour sa mémorable déclaration sur Saint-Denis où il y aurait «135 nationalités (…) dont une (la française) qui a quasiment disparu ». Outre ces deux hommes, le jury de ce prix, créé en 2015 par le politologue Thomas Guénolé, composé de journalistes spécialistes du fact-checking en politique (Slate, L'Express, le Figaro, le Point, France Info, Marianne, Libération, et France Inter), a décerné ses récompenses à des hommes et femmes politiques de droite et d‘extrême droite.

La jeunesse n'empêche pas le mensonge

On retrouve ainsi Nicolas Bay et Florian Philippot ex-aequo dans la catégorie « espoir », récompensant les menteurs de moins de 45 ans. Leurs mensonges recensés par le jury portent sur de nombreux sujets: réquisition des logements HLM, loi travail, communautarisme, nombre de postes de policiers créés, nombre de peines de prison non exécutées, liberté d’expression dans la controverse Farid Fillon mais interdiction d’accès aux meeting FN à des journalistes, lois sur l’expulsion des étrangers délinquants, ou encore sur le droit des étrangers et des sans papiers… bref, au FN, on est jeune, mais qu’est ce qu’on mythone !

Cela dit, leurs ainés LR n’ont rien à leur envier. Si François Fillon reçoit sans surprise le prix « Jacques Dutronc » du plus gros retournement de veste pour son rétropédalage sur la sécu, Christian Estrosi fait office d’ovni dans la catégorie « un certain regard », portant sur des mensonges étranges. Le président de la région PACA, a prétendu par exemple avoir fait installer des portiques de sécurité à la gare Saint-Charles de Marseille, pour lutter contre les attentats, alors que ceux-ci ont été mis en place par la SNCF juste pour contrôler les billets… Il affirme aussi ne « jamais avoir entendu parlé ni rencontré » l’ancien ambassadeur du Qatar alors qu’il est à ses côté dans une vidéo tournée par la télévision municipale de Nice.

Bref, Estrosi plane mais n’atteint pas la stratosphère. Le must du must, le « prix spécial jury » pour l’ensemble de son « œuvre » a été décerné à l’unanimité à Nicolas Sarkozy.

Vivement l’année prochaine pour connaître la liste 2017 qui, élections obligent, promet d'être riche en nominés.


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