Comment le FN séduit les plus modestes

Fonctionnaires, ouvriers, jeunes… La tentation du parti d’extrême droite s’accentue chez certaines catégories déclassées, en mal de réponses de la part des organisations traditionnelles.

Ingrid Merckx  et  Vanina Delmas  • 15 février 2017 abonné·es
Comment le FN séduit les plus modestes
© Photo : JEFF J MITCHELL/Getty Images/AFP

Pas facile de trouver des agents de la fonction publique encartés ou proches du Front national disposés à témoigner. Ceux de la fonction publique territoriale sont soumis à un devoir de réserve, tout comme les policiers, dont 57 % se disent prêts à voter Marine Le Pen en 2017. Et dans la fonction publique hospitalière « le tabou persiste », selon Frédéric Pierru. Les valeurs du FN, remarque le sociologue, sont contraires à celles du service public et aux valeurs soignantes : « Service de tous et vocation du soin porté à l’autre font que les références du FN, stigmatisant certaines catégories de population, les migrants et les “assistés”, ne sont pas dominantes à l’hôpital. » La pénétration du FN s’est pourtant accélérée depuis 2012 au sein de toutes les sphères de la fonction publique, d’après les enquêtes 2015 et 2016 du Cevipof. La majorité venant de la droite et des fonctionnaires les plus modestes (catégorie C) et les plus exposés aux usagers. Les nouveaux électeurs FN se caractérisent par un « vote sur enjeu », « où les thèmes d’immigration, d’islamophobie, de sentiment de haine éprouvé suite aux attentats jouent un rôle essentiel », écrit ainsi Luc Rouban, du Cevipof.

Les spécialistes du FN continuent à ferrailler sur l’ampleur du « gaucho-lepénisme », expression popularisée par le politologue Pascal Perrineau en 1995 et contredite par la sociologue

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Politique
Publié dans le dossier
Pourquoi le FN n'est pas républicain
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

« Nous utiliserons tous les moyens parlementaires pour que la loi Yadan soit rejetée »
Entretien 15 avril 2026

« Nous utiliserons tous les moyens parlementaires pour que la loi Yadan soit rejetée »

La députée LFI Gabrielle Cathala, désignée cheffe de file contre la proposition de loi de Caroline Yadan, explique comment son groupe entend combattre le texte dans l’hémicycle.
Par Hugo Boursier
Dix ans de Macronie : du « en même temps » à l’impasse
Analyse 15 avril 2026 abonné·es

Dix ans de Macronie : du « en même temps » à l’impasse

Né en 2016 de la promesse de dépasser les clivages et de réinventer la vie politique, le macronisme a rapidement conquis le pouvoir. Dix ans plus tard, entre virage assumé à droite, fractures internes et absence d’ancrage, le mouvement apparaît affaibli, tandis que les lignes partisanes qu’il prétendait abolir ressurgissent avec force.
Par Alix Garcia
« Le PS doit retrouver une colonne vertébrale pour peser à gauche »
Entretien 3 avril 2026 abonné·es

« Le PS doit retrouver une colonne vertébrale pour peser à gauche »

Poitiers, Vaulx-en-Velin, Bègles… Trois gauches, trois défaites. Dans ce dossier spécial, les candidats perdants analysent leur échec et en tirent les leçons. Ici, la socialiste et maire sortante Hélène Geoffroy critique la stratégie d’opposition de la France insoumise, et regrette que le PS n’ait « rien produit » dans l’opposition face à Emmanuel Macron.
Par Alix Garcia
« On a été pris au piège de tirs croisés entre Place publique, le PS et LFI »
Entretien 3 avril 2026 abonné·es

« On a été pris au piège de tirs croisés entre Place publique, le PS et LFI »

Poitiers, Vaulx-en-Velin, Bègles… Trois gauches, trois défaites. Dans ce dossier spécial, les candidats perdants analysent leur échec et en tirent les leçons. Ici, Léonore Moncond’Huy, maire écologiste élue en 2020, critique le climat de division à gauche.
Par Vanina Delmas et Lucas Sarafian