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De l’imprévu en politique…

Il faut espérer que Benoît Hamon, qui s’est montré audacieux durant la campagne, saura poursuivre sur le chemin de l’audace et faire le choix résolu de la vraie gauche et de l’écologie.

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Longtemps, le paysage politique a paru d’une fixité désespérante. C’était vrai en France. C’était souvent vrai à l’échelle planétaire. Deux générations depuis la fin de la guerre ont vécu dans le confort intellectuel de cette histoire prévisible. « Confort » ne veut pas dire que le monde était facile à vivre, ni qu’il était exempt de tragédies, mais qu’il était facile à penser. En fait, Francis Fukuyama, faux prophète de la « fin de l’histoire », avait commis un contresens. Tout commence ou recommence, au contraire, à partir de ces années 1980 où se sont conjugués les deux événements considérables que furent la mondialisation libérale et la chute de l’URSS. Il y faut ajouter la prise de conscience écologique, qui n’a pas été une moindre révolution dans les esprits.

Nous voilà aujourd’hui plongés dans un monde d’une terrible instabilité. On peut s’en effrayer. On peut aussi apercevoir quelques raisons d’espérer. Tant de choses sont à réinventer ! Mais, ces temps-ci, c’est tout de même l’inquiétude qui domine. Le tandem Trump-Poutine, le jihadisme, une Europe déliquescente en proie aux extrémismes de droite forment un monde plus imprévisible que jamais. Dans l’immédiat, c’est évidemment le nouvel Ubu roi de la Maison Blanche qui attire les regards. Il n’est pas tout à fait fasciste parce qu’il n’a pas à sa botte de Sections d’assaut et que les États-Unis, malgré leurs énormes défauts, ont des ressources internes de démocratie. Mais il y a tout de même dans la violence raciste de ses dernières décisions quelque chose qui n’appartient plus à la sphère démocratique, même la plus imparfaite. Il faut donc cesser de prendre Trump pour un fou. Et ne pas oublier que son slogan « America First » fut, en 1940, celui d’un groupe isolationniste et fasciste américain.

À son égard, on ne peut avoir aucune indulgence, ni se réjouir secrètement de ses coups de boutoir. J’entends bien qu’il humilie l’Union européenne, dont nous combattons la politique austéritaire ; qu’il déclare obsolète l’Otan, dont nous souhaitons la disparition ; qu’il annule des traités de libre-échange que nous n’avons cessé de critiquer. Mais la fin ne justifie jamais les moyens. Et l’interdiction sur le sol américain des musulmans de plusieurs pays résonne douloureusement avec les plus grandes tragédies de l’histoire. On ne place pas par hasard un proche du Ku Klux Klan à la tête du National Security Council, ni ne déclare la guerre aux médias sans de funestes intentions.

Cela n’empêche pas de penser que ce personnage ne serait pas là où il est si un système néolibéral tout-puissant n’avait cessé depuis trente ans de creuser les inégalités, de narguer les plus déshérités, et d’interdire la moindre alternative. Mais croire que le salut pourrait venir de Trump ou de Poutine serait pure folie.

Les vastes chamboulements auxquels on assiste à l’échelle planétaire n’épargnent évidemment pas notre paysage politique. L’effondrement du Parti socialiste en est une manifestation, comme la crise des socialistes européens. Il y a tout de même à cela quelques avantages. Des figures de la vieille politique sont renvoyées les unes après les autres à leurs études. Ce qui est assez réjouissant. Après Sarkozy, Juppé et Hollande, c’est Valls qui vient d’être sévèrement châtié. Et voilà que la candidature Fillon ne tient plus qu’à un fil. Non pas celui de Penelope, mais celui que la justice parviendra peut-être à dérouler avant les échéances électorales. Mais, c’est évidemment le sort de la gauche qui retient le plus notre attention.

Un nouvel acteur s’est invité dans notre feuilleton : Benoît Hamon. Il faut d’ores et déjà lui reconnaître deux mérites : il a poussé Manuel Valls vers la sortie, et il a recentré les débats de la gauche sur des thématiques sociales et écologiques qui nous éloignent des débats identitaires et sécuritaires qui passionnaient tant l’ancien Premier ministre. On lui sait gré aussi d’avoir dit clairement de quel côté il penchait, en lançant un appel à Jean-Luc Mélenchon et à Yannick Jadot (voir l’article de Pauline Graulle). Mais pour lui, les ennuis ont commencé dès lundi. Reçu à Matignon par Bernard Cazeneuve, il a été fermement invité à « assumer » le bilan du quinquennat. Autrement dit, à renier tout ce qui a fait son succès au cours des deux dernières semaines. Les vaincus de la primaire n’ont pas désarmé. Leur discours s’apparente fort à un chantage : ou bien Hamon rentre idéologiquement dans le rang, ou bien on organise la fuite vers Macron. En fait, la menace est déjà à l’œuvre. Il faut espérer que Benoît Hamon, qui s’est montré audacieux durant la campagne, saura poursuivre sur le chemin de l’audace. Il faut pour cela qu’il fasse clairement le deuil du Parti socialiste tel qu’il est aujourd’hui, et qu’il continue de faire le choix résolu de la vraie gauche et de l’écologie. Encore faut-il qu’il y soit aidé par ceux-là mêmes à qui il s’adresse. Un vrai dialogue, sincère, doit s’instaurer, sur les programmes et les démarches. Après, on verra.


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