Pierre Laurent : « Une fenêtre s’ouvre, il ne faut pas la refermer »
Pour Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste, seul un « pacte de majorité » entre le PS, la France insoumise et les Verts peut conduire à la victoire.
dans l’hebdo N° 1440 Acheter ce numéro

Plus d’une semaine s’est écoulée depuis la victoire de Benoît Hamon à la primaire et sa main tendue à la gauche de l’échiquier politique. Méfiant vis-à-vis du député socialiste et en désaccord sur la stratégie du rassemblement, à laquelle il oppose la stratégie de la rupture avec le quinquennat précédent, Jean-Luc Mélenchon a imposé comme préalable à toute discussion que Benoît Hamon « choisi[sse] entre eux [les sociaux-libéraux, NDLR] et nous ». Pourtant soutien du candidat de la France insoumise, Pierre Laurent voit en revanche dans le rassemblement de toute la gauche la seule chance d’une victoire à la présidentielle et aux législatives.
Politis a rencontré le leader des communistes dans son bureau de la place du Colonel-Fabien. Pour lui, l’investiture de Benoît Hamon remet au centre du jeu son parti, qui s’était jusqu’ici effacé, bon an mal an, derrière la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Pierre Laurent ne désespère pas que tout le monde parvienne à se mettre d’accord sur un « contrat de majorité ». À la condition, prévient-il, que s’ouvre un débat public de fond entre les forces en présence.
Vous avez salué la victoire de Benoît Hamon à la primaire organisée par le PS. En quoi est-elle, selon vous, une bonne nouvelle ?
Pierre Laurent : Ce qui vient de se passer dans la primaire socialiste confirme ce que j’ai dit tout au long de l’année écoulée, c’est-à-dire que les jeux n’étaient pas faits et que les électeurs de gauche du pays ont beaucoup de choses en commun : la critique du quinquennat écoulé, mais aussi l’aspiration à une politique de gauche qui retrouve ses valeurs et ses couleurs. On a la confirmation que les électeurs de gauche ne sont pas irréconciliables, comme certains l’ont prétendu. Aujourd’hui, des perspectives nouvelles s’ouvrent, alors que le scénario politique paraissait verrouillé.
Cela replace le PCF au centre du jeu. Quel type d’initiatives comptez-vous prendre ?
Il y a en lice aujourd’hui, et ce n’est pas la situation que j’ai souhaitée, plusieurs candidats de gauche qui sont, d’une manière ou d’une autre, légitimés par une partie des familles de la gauche. Si on veut faire avancer la situation, il faut, tout au long du mois de février, multiplier les initiatives qui pousseront le débat sur les contenus afin d’aboutir à ce que nous avons appelé un « pacte d’engagement commun », un « contrat de majorité » à gauche. Une fenêtre s’ouvre. Il ne faudrait pas la refermer de nouveau
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