Psychanalyse du terrorisme

Gérard Haddad voit dans le « complexe de Caïn » l’un des ressorts du crime aveugle.

L’acte terroriste aveugle trouve-t-il son explication dans le « complexe de Caïn »? C’est l’hypothèse que propose le psychanalyste Gérard Haddad comme point de départ de son nouvel essai. À vrai dire, on est assez déconcerté quand l’auteur évoque le cas des frères Kouachi, ou de Merah, ou d’Abdeslam. Où est le fratricide dans ces fratries complices du même crime ? On suit cependant l’auteur dans un voyage littéraire d’une réjouissante érudition, qui dresse une sorte d’inventaire du fratricide depuis l’Antigone de Sophocle jusqu’à Britannicus, en passant par Hamlet, Richard III et Roméo et Juliette. Haddad nous rappelle aussi ces fratricides, accomplis ou rêvés, qui « abondent » dans l’Ancien Testament. Il convoque quelques mythes, comme celui de Romulus assassin de son jumeau Rémus, fondateur avec lui de Rome. En fait, après un départ qui ressemble à une fausse piste, Haddad nous propose une analyse de ce qu’il appelle l’angle mort de la psychanalyse : le fameux « complexe de Caïn ». Chez Sophocle, observe Haddad, Freud a préféré Œdipe-roi à Antigone, autrement dit le meurtre du parent de même sexe. Il aurait omis ce que Lacan a appelé la « frérocité ».

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