Au-delà des frontières

La Galerie du jour, à Paris, expose les travaux de Mark Cohen et de Bernard Plossu, tournés vers le sud des États-Unis et le Mexique. Deux regards croisés qui se font écho.

Ce sont deux figures de la photographie contemporaine, deux regards croisés. Ceux de Mark Cohen et de Bernard Plossu. Une même génération (nés respectivement en 1943 et en 1945), un même territoire fouillé, arpenté, entre le sud des États-Unis et le Mexique. Mais foin ici d’images de migrants, de scènes d’arrestation, de patrouilles policières, de misères brinquebalées. Chez Mark Cohen, en noir et blanc, à Mexico, Veracruz, Campeche ou Mérida, entre 1981 et 2003, sans légende, ce sont des plans rapprochés, en noir et blanc, qui sur un pied venant buter sur un cageot, qui sur une ampoule suspendue à son fil, sur une gamine sautillant sur un trottoir, qui sur un casier de bouteilles et ses sodas, sur un linge qui sèche dans une salle de bains insalubre, avec sa robinetterie minable et vétuste. Il y a toujours chez Mark Cohen le goût prononcé du détail et de l’anodin, le sens de l’anecdotique. Cohen cadre dans son rectangle des bouts de vie, des bribes de passage, des instants éphémères qui pourraient bien revenir. C’est une poésie de la brièveté, dans l’essence même de la photographie. Ce jeune Latino un brin chic, fixant sévèrement l’objectif, ou cette môme accroupie sur le trottoir, blottie sur elle-même, saisie de haut et de dos, en plongée, qui s’apprête à croiser une personne dont on ne voit que le pied, en sont des exemples.

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