Division à gauche : le dépit des électeurs

Des milliers d’électeurs de gauche oscillent entre colère et envie d’y croire encore.

Pauline Graulle  • 1 mars 2017
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Division à gauche : le dépit des électeurs
© Photo : SIMON GUILLEMIN / HANS LUCAS

Ils ne se résignent pas à ce qu’un rendez-vous sur un coin de table dans un restaurant chilien scelle le destin de la gauche. Depuis vendredi 27 février, date de la fameuse rencontre à huis clos entre Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon, des milliers d’électeurs de gauche ont redoublé d’efforts pour faire entendre leur voix devant le refus des deux candidats de s’unir pour la présidentielle.

Mardi, à l’initiative de Mediapart, Regards et Libération, une tribune était publiée pour réclamer un débat public afin que Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon explicitent leurs divergences. « En faisant le choix de maintenir et l’un et l’autre leur candidature, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon prennent la responsabilité historique de voir la gauche éliminée dès le premier tour de la présidentielle, le 23 avril », estiment les auteurs de la tribune.

Quelques jours plus tôt, un appel national, Vous attendez quoi ?, avait été lancé par une vingtaine d’organisations, dont l’Appel des 100, pour inciter les candidats à se rassembler (lire aussi ici). D’autres pétitions circulent pour que Mélenchon et Hamon s’unissent (voir par exemple ici ou ). Défenseur de la première heure d’un « gouvernement Hamon-Jadot-Laurent-Mélenchon », le socialiste Gérard Filoche appelle à un « rassemblement citoyen », samedi à 14 heures place de la République à Paris. À Lyon, des rassemblements similaires sont organisés à l’initiative des instigateurs de la pétition « 1 mais pas 3 », notamment dimanche sur la place de la Comédie, de 16h30 à 18h30.

Les « cocus » de l’histoire

Suite à l’annonce du refus des deux candidats de s’unir, le PCF a décidé de redoubler d’efforts dans la mission de « rassembleur » qu’il s’est donnée. Hier soir, à la Bellevilloise à Paris, le parti de la place du Colonel-Fabien organisait une rencontre nationale sur la finance, en présence de Pascal Cherki, proche de Benoît Hamon, Jeanne Chevalier de France insoumise, et d’Eva Sas (EELV). 

Pierre Laurent a estimé qu’il était encore temps pour un « pacte de majorité » : « On ne peut pas avoir le choix entre le ralliement et se tourner le dos [et attendre] la catastrophe », a-t-il martelé. Des rencontres comme celle de la Bellevilloise, « il en faut dans tout le pays [afin que] des milliers de gens se sentent acteurs de la situation », car en face, a-t-il rappelé, c’est la fin de la Sécurité sociale et du contrat de travail, et le développement de l’ubérisation de la société ou de la préférence nationale.

Lundi, Olivier Dartigolles, numéro 2 du PCF, plaidait sur France Info pour une « intervention populaire » après avoir averti, quelques jours plus tôt sur Twitter que « l’échec du rassemblement [provoquerait beaucoup] de déception. Avec une démobilisation et de l’abstention. Une espérance blessée, c’est dangereux ». La colère monte en effet chez bon nombre d’électeurs. 

Sur Facebook, le journaliste et lanceur d’alerte Denis Robert a publié un long texte amer qui finissait ainsi : « Je me doute de la difficulté du job, mais ce matin, au-delà la déception, les pistes apparaissent brouillées. Disons qu’on se sent doublement cocus (on : la foule immense de ceux qui souhaitions un accord). Je ne sais pas pour qui je voterai dans deux mois. Je regarderai bêtement les sondages. Et je ferai en sorte d’éviter le pire. Comme beaucoup. C’est très con, car ça aurait pu être tellement mieux. »

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