Législatives aux Pays-Bas : la gauche écologiste va-t-elle peser dans la future coalition ?

Geert Wilders écarté, le parti libéral sort vainqueur des élections législatives. Suite au succès inattendu de la Gauche verte, il devra composer une majorité fragile.

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Échec amer pour le xénophobe Geert Wilders… Et pour les sondages qui n'ont cessé d'agiter l'épouvantail de ce leader d'extrême droite. Les premiers résultats des élections législatives aux Pays-Bas, qui se sont déroulées hier, placent son bien mal nommé Parti pour la liberté (PVV) à égalité avec celui des chrétiens-démocrates (CDA) et des centristes libéraux (D66) à hauteur de 19 sièges sur les 150 de la chambre basse du Parlement. Loin derrière le Parti populaire libéral et démocrate (VDD) de Mark Rutte, le Premier ministre sortant, qui arrive en tête avec 31 sièges. La participation serait de 81 % selon les dernières estimations, qui prévoyaient depuis plusieurs semaines un raz-de-marée en faveur du PVV.

Et les sociaux-démocrates ? Le PVDA a connu une réelle chute libre, cinq ans après les dernières élections, où il avait remporté 38 sièges. Le parti, emmené depuis le mois de décembre par Lodewijk Asscher, n'a obtenu que 9 sièges. C'est l'un des écarts les plus importants de ces législatives par rapport à celles de 2012.

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Autre évolution majeure : le parti de la Gauche Verte (GroenLinks) a obtenu 16 sièges, soit 12 de plus qu'aux précédentes élections. C'est son meilleur score depuis sa création, en 1989. Dirigée par Jesse Klaver, un trentenaire dont le père est marocain et la mère mi-indonésienne, cette formation politique se revendiquait comme l'alternative progressiste face au leader nationaliste du PVV. Le parti, constitué d'anciens communistes, de membres de la gauche chrétienne (PPR) et du Parti socialiste pacifiste (PSP), affiche un refus de l'austérité économique, un accueil favorable aux réfugiés et aux énergies renouvelables. La gauche radicale (SP) obtient quant à elle 14 sièges.

Paysage politique fragmenté

Avec une perte de 10 sièges pour le centre-droit, et 38 sièges pour les sociaux-démocrates, les partis traditionnels suscitent de moins en moins d'intérêt dans ce pays de 12,9 millions d'électeurs. Cette fragmentation du paysage politique néerlandais est aussi due à la place nouvelle prise par de plus petits partis, comme le parti social d'inspiration chrétienne (ChristenUnie, 6 sièges), le parti des animaux (5 sièges), le parti des retraités (4 sièges), l'eurosceptique Forum pour la démocratie (2 sièges) et la branche dissidente des sociaux démocrates, Denk (3 sièges).

Et maintenant ? Les partis politiques doivent désormais négocier des alliances entre eux, pour construire une coalition susceptible d'être majoritaire au Parlement et proposer une équipe gouvernementale. Le GroenLinks pourrait bien être le nouvel acteur fort des prochaines semaines aux Pays-Bas.


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