Dossier : Quand les politiques réécrivent l'histoire

Quand les politiques réécrivent l’histoire

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


Les Français en auraient-ils assez des tentatives de nos politiques d’imposer un fantasmatique « récit national » ? Le succès d’Histoire mondiale de la France (Seuil), dirigé par Patrick Boucheron, pourrait le laisser penser. Car cet ouvrage, qui tend à multiplier les regards et les approches d’une France au sein du monde, refuse justement de « céder aux crispations réactionnaires l’objet “histoire de France” » et « cherche à ressaisir sa diversité ». Cinglante réponse aux tenants d’une histoire linéaire, officielle et glorieuse de la « Grande France », l’ouvrage est aussi un démenti aux tentations récupératrices des Le Pen ou Fillon, voire à certains discours républicanolâtres qu’on peut entendre à gauche.

À l’heure où une nouvelle génération d’historiens s’est engagée massivement dans cette aventure éditoriale collective, on a vu Emmanuel Macron qualifier de « crime contre l’humanité » la colonisation française. En dépit de l’ambiguïté éventuelle de cette qualification juridique, force est de constater, comme le salue ici l’historien Benjamin Stora, que, « cette fois, on en a parlé », grâce certainement à un « élément de génération » puisque le jeune candidat n’a pas vécu la période.

Notre dossier, rappelant un certain nombre de faits historiques longtemps occultés et « redécouverts » par des historiens courageux, aborde également la question des programmes scolaires, autre domaine où la tentation des politiques d’imposer leur lecture du passé national est forte. Peine perdue, dirait-on avec Jacques Le Goff, pour qui l’histoire est toujours « le résultat d’un va-et-vient constant de l’historien du passé au présent et du présent au passé »


Haut de page

Voir aussi

Articles récents