Jean-Stéphane Bron : « À l’Opéra, un horizon commun »
Après Cleveland contre Wall Street et L’Expérience Blocher, Jean-Stéphane Bron a réalisé un passionnant documentaire sur une prestigieuse institution culturelle française. Explications.
dans l’hebdo N° 1448 Acheter ce numéro

Jean-Stéphane Bron ne semblait pas en être surpris : la plupart de nos questions étaient de nature politique. C’est que son film, L’Opéra, s’y prête.
À lire aussi >> notre critique du film
Comment passe-t-on d’un film sur un leader d’extrême droite à un film sur l’opéra ?
Jean-Stéphane Bron : L’expérience avec Christoph Blocher a été éprouvante. J’ai passé deux ans avec lui dans un rapport de confrontation. En Suisse, la réception du film a été polémique, parce que Blocher y est l’objet d’une vraie fascination. Gagné par un certain pessimisme, j’ai voulu lutter contre l’idée que le pire allait advenir. J’ai eu envie de filmer un collectif, une institution, avec cette question : « Qu’est-ce qui fait encore société ? » C’est là que mon producteur, Philippe Martin, m’a dit que l’Opéra de Paris était face à des changements, avec l’arrivée d’un nouveau directeur, et que ces transformations seraient sans doute intéressantes dans la perspective qui était la mienne. Je ne connaissais rien à l’opéra, mais l’idée m’a paru pertinente.
Était-ce un avantage ou un inconvénient d’être un béotien vis-à-vis de l’opéra ?
Un avantage, me semble-t-il. C’est un petit monde très codifié, qui se connaît très bien. J’étais préservé de ces codes.
Pourquoi avoir choisi pour premier plan une levée du drapeau tricolore sur le toit de l’opéra ?
C’était pour signifier une république. Mais attention : on entend en même temps l’air des Maîtres chanteurs, de Wagner, cela pourrait paraître sacrilège [rires] ! Plus sérieusement, cela indique que, sous cette bannière-là, une sorte d’utopie peut exister. Bien sûr, l’Opéra n’est pas une société idéale : elle est inégalitaire,
Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :
Pour aller plus loin…
« Tout va bien », l’accueil comme il se doit
« Father Mother Sister Brother », sentiments filiaux
« Laurent dans le vent », sur une bonne pente