Mani Soleymanlou : L’Iran à la place du cœur

Figure de la scène théâtrale québécoise, Mani Soleymanlou, d’origine iranienne, présente en France sa géniale trilogie autofictive, Un, Deux, Trois, tirant avec humour les fils de sa propre histoire.

L’Iran, on le lui a arraché. C’était il y a longtemps, « un dimanche du siècle dernier. Un dimanche du mois de janvier, à Téhéran ». Lui, il aurait bien aimé que ça repousse, mais un pays, c’est comme une plante : quand on s’attaque aux racines, c’est l’ensemble qui dépérit. À l’âge de 9 ans, il est donc arrivé à Paris – « Paris, la cour, les Lumières, Rousseau, Diderot, Soleymanlou », où, dit-il en introduction de Un, « une nouvelle langue s’est déposée sur la mienne, la vraie, la maternelle ». Avant de s’installer au Canada.

À défaut de pouvoir revendiquer une terre à lui, Mani Soleymanlou, devenu depuis une figure majeure du théâtre québécois, tient à s’assurer de la force de son manque. Rebelote dans Deux, la deuxième partie de sa trilogie, puis dans ce troisième volet, où « Je, Mani Soleymanlou, personnage principal », décline son identité complexe sur un ton faussement tragique.

L’autofiction, chez Mani Soleymanlou, est une bonne blague qui gagne à être répétée et partagée. Aussi, dans Deux, l’auteur et comédien est-il accompagné du Québécois « de souche » Emmanuel Schwartz. Et enfin, dans Trois, par trente-cinq comédiens d’ici et d’ailleurs. À force de tirer sur les fils emmêlés de sa propre histoire, Mani fait tomber tout le guêpier identitaire qui le poursuit depuis sa sortie de l’École nationale de théâtre du Canada en 2008.

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