Présidentielle : Et si on votait autrement ?

Des modes de scrutin différents du nôtre existent pour désigner celui qui nous représentera : vote alternatif, par approbation, jugement majoritaire… Mais ils ne sont pas sans défauts.

Pourrait-on choisir nos dirigeants politiques par un mode de scrutin moins brutal ? Ne peut-on imaginer un système de vote qui permette de choisir réellement son candidat sans avoir à éliminer tel autre de ses concurrents ? Une procédure où l’on voterait pour et non contre ? Alors que des millions d’électeurs sont encore dans l’indécision par insatisfaction, ces questions valent d’être posées. Elles étaient récurrentes dans les débats sur la démocratie de Nuit debout. Elles seraient nécessairement à l’ordre du jour de la constituante pour une 6e république si les électeurs se prononçaient pour un changement institutionnel les 23 avril et 7 mai prochains. Le scrutin uninominal à deux tours, en usage pour élire notre président, comme les députés du reste, est aussi ancestral que notre démocratie. Et n’est pas sans reproche. Le vainqueur est rarement celui qu’auraient souhaité tous ceux qui l’ont élu, n’étant pour une part importante d’entre eux qu’un choix par défaut. Plus gênant, un candidat peut accéder au pouvoir sans avoir rassemblé la majorité des votants, comme on l’a vu en 2012 avec l’élection de François Hollande (51,64 % des suffrages exprimés, mais 48,63 % des votants) : 2 154 956 électeurs qui se sont déplacés ont en effet déposé dans l’urne un bulletin blanc ou nul – il n’existe pas de décompte séparé –, montrant ainsi qu’ils ne voulaient ni de lui ni de Nicolas Sarkozy. L’exemple le plus emblématique des dysfonctionnements de ce mode de scrutin reste toutefois la présidentielle de 2002, quand Jean-Marie Le Pen (16,86 %) est parvenu à se qualifier pour le second tour en devançant Lionel Jospin (16,18 %). Ce qui a permis la très large élection de Jacques Chirac (82,21 %), alors même que 19,88 % seulement des électeurs du premier tour s’étaient portés sur lui. Tous les sondages le donnaient pourtant battu au second tour face au candidat socialiste.

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