Sol au monde

Dans un monologue mis en scène par Michel Bruzat, Marie Thomas s’empare du langage débridé du clown québécois disparu en 2005.

Les francophones et les Français sont encore de grands enfants désespérants. Ils aiment jouer infiniment avec les mots. Parfois, les francophones égalent ou surpassent les Français sur ce terrain de jeu. C’est le cas de Marc Favreau, clown québécois qui avait pris le surnom de Sol, se « disant Sol et unique » (mais sans orgueil), et que l’on a un peu oublié chez nous après un accueil très chaleureux dans les années 1980 et après sa mort en 2005 à Montréal. Le metteur en scène Michel Bruzat, dont la compagnie La Passerelle crée depuis Limoges des spectacles d’une forte sensibilité, n’a pas oublié ce fastueux et doux maître des mots qu’était Sol. De divers textes il a composé un monologue sinueux dont le titre lance cette question ambitieuse : Comment va le monde ? Un clown est dans sa loge, une loge minuscule qui ne prend qu’un cinquième de la déjà minuscule scène des Déchargeurs. Il va entrer en scène, il est terrorisé. Va-t-il être compris, aimé, hué ? Il sort de son recoin et se jette à l’eau, partant occuper le reste de l’étroit plateau. Il se souvient de l’enfance, et surtout de son éducation. Comme il est clown, il mâche les mots à sa façon. Il ne dit pas « l’école » mais la « colle ». À cette « colle », il agglutine une abondance de pataquès, une multitude de vocables savamment abîmés.

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