Bernhard dans le sang

En adaptant deux romans autobiographiques de l’auteur autrichien, Claude Duparfait dit avec force la naissance d’une insoumission.

Rester vivant. Vibrant dans son refus de l’ordre établi. Si, de livre en livre, il n’a de cesse d’écrire tout le mal qu’il pense de son Autriche et de ses contemporains, Thomas Bernhard n’a pas d’autre but. Sinon, peut-être, celui de susciter le réveil de quelques-uns, à défaut de désengourdir toute une nation.

En s’emparant librement de L’Origine et de La Cave, les deux premiers de cinq livres autobiographiques écrits en 1975 et 1982, Claude Duparfait restitue dans Le froid augmente avec la clarté cette part d’humanisme contrarié. Sans pour autant mettre de côté la misanthropie et la noirceur bien connues de l’auteur, à qui il revient après avoir monté Des arbres à abattre avec Célie Pauthe en 2013.

Claude Duparfait a Bernhard dans les veines autant que dans la tête. Dès la scène d’ouverture interprétée par Florent Pochet, tandis que lui-même se tient derrière un bureau d’écolier, on mesure à quel point les pensées de l’auteur autrichien résonnent avec celles du comédien et metteur en scène. Il y est question d’un « rêve blanc ». D’un songe écrit par Claude Duparfait, où Thomas Bernhard revient voir les hommes après une longue absence et ne rencontre que des visages d’acier.

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