Contre le FN, les artistes donnent de la voix

À la veille du second tour, le monde de la culture se mobilise pour faire barrage à Marine Le Pen. Mais, à l'image de la société, la division est présente.

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C e soir, je veux dire que le Front national ne passera pas par moi ». Les mots de l'actrice Éva Darlan donnent le ton de la soirée du 2 mai. À la Philharmonie de Paris, ils étaient presque mille, militant et artistes, venant des milieux divers de la culture, avec un seul message : #stopFN7mai.

Faire barrage

Le rendez-vous est donné par une soixantaine d'organisations, dont le Syndeac, la CGT Spectacle, la Fédération des arts de la rue, la Sacem ou encore la CFDT culture, appelant d'une seule voix à « faire barrage contre le FN ». Dans la bouche de Laurent Bayle, directeur de la Cité de la musique, le message était clair : « Toute collaboration avec un État infiltré par le Front national est tout simplement impensable […] Vote d'adhésion, vote de raison ou vote critique, finalement peu importe. Nous devons tous appeler à voter pour le seul candidat républicain, Emmanuel Macron ».

En dessous d'un écran où s'affiche le hashtag #stopFN7mai, danseurs, comédiens, humoristes et musiciens défilent pour expliquer à leur manière, leur refus de voir Marine Le Pen à la tête du pays. Dans son intervention, Felix Isselin rappelle les risques que représente le Front national au pouvoir pour la culture. L'air sombre, le photographe témoigne de ses conditions d'artiste dans la ville de Fréjus, dirigée depuis 2014 par le frontiste David Rachline.

« Anti-FN, pas pro-Macron »

C'est encore le texte de Marie-Agnès Sevestre, directrice du Festival des francophonies en Limousin, qui résume le mieux la situation. Affirmant que « le conservatisme académique de nos heures de gloire et les incantations devant l’ancienneté de nos “racines” ne nous mèneront nulle part », elle appelle cependant à la vigilance.

Et si je soutiens le vote Macron dans le duel qui s'annonce, c'est avec une extrême vigilance sur les enjeux de société qu'il proposera. À nous, citoyens progressistes, d'être vigilants, combatifs, solidaires des plus fragiles. Nous saurons faire entendre le moment venu. Pour l'heure, mon choix est clair.

Dans la foule, des cris « Anti-FN, pas pro-Macron » surgissent lorsque le comédien Jérôme Deschamps vante les qualités du candidat d'En marche !. Mais les organisateurs sont clairs : « Nous n'allons pas censurer des témoignages que nous ne partageons pas ».

Contre les « maquerelles du pognon » et les « croix gammées »

D'autres artistes se sont, eux, exprimés en faveur du « ni-ni ». Damien Saez, dont la chanson Fils de France, était devenue, en 2002, l'hymne des rassemblements contre le Front national, a réagi avec un nouveau morceau engagé. Dans Premier mai, le chanteur critique tour à tour « les maquerelles du pognon » et « les croix gammées », et appelle à « libérer la France des sourires des politicards, des sourires des banquiers ».

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