Cyril Hanouna, une chaîne de responsabilités

La polémique autour de l’émission « Touche pas à mon poste », sur C8, et de son canular homophobe ne cesse d’enfler. Non sans une certaine hypocrisie à tous les étages.

C’est une histoire de feinte, de faux-semblant et de fourberie générale, de l’animateur à la chaîne et des sponsors au CSA, qui débute comme ça : un canular, le 18 mai, sur C8, dans l’émission « Touche pas à mon poste » (« TPMP »). Après avoir émis une annonce sur le site de rencontres VivaStreet, Cyril Hanouna prend au téléphone quelques hommes et une femme (qui ignorent alors que la séquence est télévisée, donnant leur nom, parfois leur profession – sans que leur voix ne soit modifiée). Se présentant comme « Jean-José », bisexuel qui aime qu’on « l’insulte », Hanouna prend une voix efféminée caricaturale et tient des propos sexuels très crus avant d’avouer à ses interlocuteurs qu’ils sont piégés en direct ou de leur raccrocher au nez en pouffant. De longues séquences ouvertement homophobes. Le lendemain matin, le Conseil supérieur de l’audio-visuel (CSA) reçoit plusieurs dizaines de plaintes. Le buzz est lancé, relayé par les réseaux sociaux. Le 20 mai, le CSA enregistre 20 000 plaintes ; plus de 25 000 le 24 mai (record battu au regard des 36 000 plaintes sur toute l’année 2016 et sur l’ensemble des programmes télé). Le CSA est vite dépassé. L’Association des journalistes LGBT (AJL) dénonce un « piège inacceptable », soulignant que, « parmi les rires, les blagues et les applaudissements, ces remarques peuvent parfois passer inaperçues. Mais les télé-spectateurs-trices LGBT les entendent. L’air de rien, elles dessinent surtout dans l’esprit du public ce qu’il est possible de faire chez soi, avec ses ami(e)s, au travail, au lycée : se moquer des personnes LGBT pour ce qu’elles sont, les transformer en animaux de foire sous couvert d’humour, les accepter (un peu) pour les humilier (beaucoup). » D’abord goguenard devant la colère et l’indignation générales, Cyril Hanouna se justifie le lendemain : « On peut dire que ce n’était pas drôle, ou pas approprié, mais dire que je suis homophobe, ça, je ne peux pas l’entendre. » Cinq jours plus tard, dans une lettre d’excuse publiée sur le site de Lib_é, peu avare d’hypocrisie, il se dit « bouleversé ». Autour de lui, on clame le très pratique « droit à la caricature »_. Idem pour le droit à l’humiliation publique ?

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