France insoumise : deux militants sur trois rejettent le vote Macron

Michel Soudais  • 2 mai 2017
Partager :
France insoumise : deux militants sur trois rejettent le vote Macron
© Photo: : Dans la manifestation du 1er mai à Perpignan (RAYMOND ROIG / AFP)

Les militants de la France insoumise ont opté aux deux tiers pour le vote blanc ou l’abstention, seuls 35 % se prononçant pour un vote Macron, d’après les résultats de la consultation lancée sur Internet auprès des quelque 430 000 membres inscrits avant le dimanche 23 avril, 22 heures.

Comme Jean-Luc Mélenchon s’y était engagé dès le lancement de sa campagne, la France insoumise a organisé, du mardi 25 avril 18 heures à ce mardi 2 mai 12 heures, une consultation à propos du second tour de l’élection présidentielle. Il s’agissait moins, selon les organisateurs, « de déterminer une consigne de vote » qui aurait risqué de diviser ce jeune mouvement que « d’organiser la prise de parole des insoumis au sujet de leurs choix de second tour ». Il est à noter que le vote pour Marine Le Pen ne constituait pas une option de la consultation, le mouvement étant, « par définition, lié aux principes de notre devise républicaine « Liberté, égalité, fraternité » ».

Si les résultats de cette consultation sont partagés entre les trois options possibles, le vote Emmanuel Macron n’emporte les faveurs que d’un tiers des 243 128 insoumis qui se sont exprimés :

  • 87 818 insoumis, soit 36,12 %, pour un vote blanc ou nul ;

  • 84 682 insoumis, soit 34,83 %, pour un vote Emmanuel Macron ;

  • 70 628 insoumis, soit 29,05 %, en faveur d’une abstention.

Cet « avis » des militants, qui ne préjuge en rien le vote des 7 059 951 électeurs de Jean-Luc Mélenchon, n’est sans doute pas définitif. Il n’en est pas moins révélateur d’une état d’esprit que l’on retrouve dans les couches militantes de bien d’autres organisations syndicales, associatives et… politiques.

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

17 octobre : la gauche condamne-t-elle les violences ?
Analyse • 20 octobre 2026 abonné·es

17 octobre : la gauche condamne-t-elle les violences ?

Depuis le 17 octobre, les scènes de pillages, les incendies et autres dégradations tournent en boucle dans les JT. Chacun est sommé de se positionner, de condamner. Dans cet épisode, les gauches ont bien du mal à politiser la situation et, comme le veut le discours dominant, séparent des « casseurs » et des « pilleurs » des « bons manifestants ».
Par Kamélia Ouaïssa et Névil Gagnepain
« La victoire de Glucksmann ne vaut pas blanc-seing pour sa stratégie anti-alliance »
Entretien • 15 octobre 2026

« La victoire de Glucksmann ne vaut pas blanc-seing pour sa stratégie anti-alliance »

Raphaël Glucksmann est sorti large vainqueur de la primaire « de la gauche socialiste et démocratique ». Conséquence, le Parti socialiste n’aura pas de candidat propre pour la présidentielle 2027. Le résultat divise déjà au sein de la formation. Une situation dont le premier secrétaire, Olivier Faure, sort affaibli.
Par Névil Gagnepain
Après la victoire de Glucksmann, les ralliements à Mélenchon se multiplient
Analyse • 15 octobre 2026 abonné·es

Après la victoire de Glucksmann, les ralliements à Mélenchon se multiplient

1 500 communistes ont annoncé le 14 octobre leur ralliement à la candidature du leader insoumis. En parallèle, la victoire de Raphaël Glucksmann lors de la primaire socialiste provoque des remous chez les militants de gauche et semble acter une bipartition de la campagne. 
Par Névil Gagnepain
Colère lycéenne : Gabriel Attal mise sur l’autorité, Jean-Luc Mélenchon sur la rupture
Politique • 12 octobre 2026 abonné·es

Colère lycéenne : Gabriel Attal mise sur l’autorité, Jean-Luc Mélenchon sur la rupture

Le candidat Renaissance et de La France insoumise à la présidentielle ont respectivement tenu meeting à Lyon samedi 10 octobre et près de Clermont-Ferrand dimanche 11, sur fond de mobilisation lycéenne. Alors que l’ancien Premier ministre défend une ligne fondée sur l’autorité et les devoirs, le leader insoumis dénonce le bilan éducatif des gouvernements macronistes.
Par William Jean et Névil Gagnepain