Dossier : Guerre des Six-Jours : 50 ans de lâcheté et d'hypocrisie

Juin 1967 : La guerre qui a tout changé

Après la défaite de la coalition arabe, le mouvement palestinien s’est politiquement émancipé et réorienté sur la stratégie à deux États.

Un demi-siècle plus tard, les versions divergent encore. Qui fut l’agresseur dans ce qui allait être la guerre des Six-Jours ? Si l’on s’en tient à la séquence militaire, c’est assurément Israël. Le 5 juin 1967, à 7 h 10 du matin, c’est bien le commandant de l’armée de l’air israélienne, le général Mordechai Hod, qui donne le signal d’une offensive qui va totalement surprendre la défense aérienne égyptienne. Trente-cinq minutes plus tard, une grande partie de l’aviation égyptienne est anéantie au sol. Les chars israéliens peuvent se lancer à l’assaut du Sinaï. La guerre est gagnée avant d’avoir commencé. Le journaliste Éric Rouleau parle alors de « la guerre des six heures »… Mais, selon l’État hébreu, la véritable agression remonte au 22 mai, lorsque le maréchal Abdel Hakim Amer, ministre égyptien de la Défense, ordonne l’interdiction à tout navire battant pavillon israélien d’entrer dans le détroit de Tiran, soumettant ainsi le port d’Eilat à un blocus inacceptable. Quoi qu’il en soit, cette guerre-éclair va bouleverser la vie des Palestiniens et reconfigurer le conflit. Après le très inéquitable « partage » décidé le 29 novembre 1947 par l’ONU, la partie de territoire qui leur reste va être à son tour accaparée par Israël, s’emparant de la Cisjordanie, jusqu’ici sous administration jordanienne, et du plateau syrien du Golan, au nord-est du pays. Les Israéliens prennent aussi Gaza à l’Égypte, et entrent en conquérants dans la vieille ville arabe de Jérusalem. L’histoire des « Territoires palestiniens occupés » commence. De façon prophétique, un homme, le sociologue Maxime Rodinson, avait écrit deux mois plus tôt un article retentissant dans la revue de Jean-Paul Sartre, Les Temps Modernes. Son titre à lui seul avait scandalisé les sionistes : « Israël, fait colonial ? ». Rodinson avait l’immense mérite d’identifier la véritable nature du conflit israélo-arabe, qui allait devenir israélo-palestinien. Avec l’occupation de la Cisjordanie, de Gaza et de Jérusalem-Est, la question coloniale allait se déplacer. Non pas que le fait colonial originel puisse être contesté, mais parce que la colonisation des Territoires palestiniens issus de l’armistice de 1949 allait, à partir de juin 1967, devenir le nouvel enjeu et former les contours d’un État en perpétuel devenir.

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