Législatives : chaque voix se compte en euros

Le financement public des partis dépend principalement de leurs résultats aux législatives. Ce qui pousse à la multiplication des étiquettes et à la dispersion des forces.

Le sujet n’est pas de ceux que les dirigeants politiques évoquent en public. C’est toutefois une préoccupation commune à tous les partis. Sans exception. Pour tous, petits ou grands, les élections législatives constituent la principale source de financement public. Et cette manne peut représenter jusqu’à la moitié du budget de certaines formations – 45,3 % au Parti socialiste, 45,8 % au Front national, 51,4 % chez Les Républicains en 2015. D’où une multiplication des candidatures et des querelles d’étiquette. Le financement public des partis politiques procède de la loi du 11 mars 1988, qui, la première, a voulu rendre transparente financièrement la vie politique après quelques scandales retentissants. Modifiée à plusieurs reprises, cette loi instaure un contrôle du financement des partis et des campagnes électorales, et leur assure en contrepartie un financement public de leurs dépenses permanentes calculé selon deux critères cumulatifs. Une première fraction est attribuée en fonction de leur résultat aux élections législatives. Peuvent y prétendre les partis ou groupements politiques ayant présenté des candidats ayant obtenu au moins 1 % des suffrages exprimés dans au moins cinquante circonscriptions (en outremer, un seul candidat suffit). L’enveloppe globale de cette première fraction (34,335 millions d’euros en 2017) étant à partager entre les formations qui satisfont à ce critère, « le prix de la voix » peut varier d’une mandature à l’autre. Il était de 1,60 euro par an entre 2007 et 2012, et de 1,42 euro par an entre 2012 et 2017. En cas de non-respect de la parité, ce montant est toutefois diminué d’un pourcentage égal aux trois-quarts de l’écart entre chaque sexe rapporté au nombre total de candidats présentés. Pour n’avoir aligné que 129 femmes pour 377 hommes, Les Républicains (auparavant l’UMP) ont été privés de 3,6 millions d’euros par an, leurs voix ne leur rapportant plus que 0,90 euro par an et l’État conservant les pénalités. Le PS, qui avait présenté 226 femmes pour 305 hommes, a été pénalisé de 1,3 million d’euros par an.

Il reste 53% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents