Photographes et dessinateurs dans le même wagon précaire

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Voilà un décret signé in extremis. Paru au Journal officiel dimanche 7 mai, il fixe la rémunération minimum des photographes et dessinateurs pigistes. Prix de la pige : 60 euros, « pour un temps minimum d’exécution » de cinq heures ! De quoi précariser un peu plus les deux professions.

« Un tel salaire ne permettra pas aux photographes rémunérés à la pige de vivre décemment, s’insurge le Syndicat national des journalistes (SNJ) dans un communiqué. Il ne leur permettra pas non plus de renouveler leur matériel. » Surtout, s’interroge le syndicat, constatant déjà une baisse du nombre de photoreporters pigistes (1 458 en 2000, seulement 761 en 2015), l’objectif de l’État serait-il « de parvenir à une extinction complète de ces témoins historiques de notre quotidien ? »

Ce décret était attendu depuis 2011 : ce sont donc « six années pour aboutir à un texte de régression !, poursuit le SNJ. La parution du barème fait entrer les œuvres des photographes et dessinateurs pigistes dans le champ des accords collectifs sur les droits d’auteur : les repasses, fréquemment payées demi-tarif aujourd’hui en application d’un usage ancien, pourraient demain n’être rémunérées qu’une poignées d’euros. Une nouvelle baisse de revenu en perspective pour les photographes ! »

Le SNJ déplore que le gouvernement ait cédé aux organisations patronales, « qui non seulement avaient refusé la négociation d’un barème dans leurs branches respectives, mais ont osé prétendre qu’un tel barème allait les étrangler ». Le syndicat appelle de fait « la profession à se mobiliser pour obtenir, dans toutes les formes de presse, des barèmes de piges dignes de ce nom ».


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