Dossier : « Le Bureau des légendes » : Comment raconter le réel en temps réel ?

Ainsi s’installe la légende…

Déjouer les fantasmes sur Daech avec une précision documentaire, faire exister des personnages sans perdre de vue la guerre en cours : Le Bureau des légendes a créé un genre qui s’impose en 3e saison.

Il est assis sur un banc devant la tombe de sa mère. Guillaume Debailly, alias Paul Lefebvre, nom de code Malotru (Mathieu Kassovitz), a le visage crispé. Il est dehors en plein jour. Tout le monde est à ses trousses. Il ne peut voir sa fille. Il ne peut voir la femme qu’il aime. Il est seul. Très seul. Et il revient de loin… Sa main se pose sur la tête du chien-loup assis à côté de lui. Tiens, il a un chien maintenant ? Le chien disparaît. Souvenir ? Ami imaginaire ? Chien fantôme, comme on le dit d’un membre fantôme qui démange après l’amputation ? Comme la jambe perdue de Raymond ­Sisteron ­(Jonathan Zaccaï), agent de la DGSE comme lui, aujourd’hui sur le terrain en Syrie aux côtés d’une combattante kurde. Comme l’assurance évanouie de Marina Loiseau (Sara Giraudeau), qui, prise d’angoisse, avait quitté la DGSE, mais reprend du service en feignant de travailler pour le Mossad dans une mission de ­démantèlement du nucléaire iranien à Bakou, en ­Azerbaïdjan. Elle aussi se prend les pieds dans sa « légende ». Soit le personnage monté de toutes pièces qu’un agent des renseignements français rattaché au Bureau des légendes incarne dans le cadre d’une mission.

Il reste 70% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents