Le cirque du siècle

Gilles Cailleau convoque toutes ses compétences d’acteur et de circassien dans un seul-en-scène plein de fureur et de tendresse sur les violences de notre siècle.

Au milieu des spectateurs installés en cercle sur des sièges dépareillés, Gilles Cailleau affiche d’emblée son intention : raconter le XXIe siècle. Ou du moins essayer. Piétinant, s’adressant au public comme à un bon confident, l’artiste reconnaît d’emblée ses limites. Lui qui a traversé tout Shakespeare en trois heures dans Le Tour complet du cœur et interprété seul dans Gilles et Bérénice une version très personnelle de la pièce éponyme de Racine, il se présente dans Le Nouveau Monde presque aussi démuni qu’un enfant.

Bouleversante, la fragilité de l’artiste résiste à toutes les techniques qu’il met au service de sa nouvelle création, sous-titrée Une histoire générale et poétique du XXIe siècle. Et elles sont nombreuses. Auteur, comédien, acrobate, metteur en scène et en piste de la compagnie itinérante Attention fragile, Gilles Cailleau dispose d’un impressionnant répertoire de gestes et de mots au service d’images qu’il met plus de temps à construire qu’à faire admirer. Avec tendresse et humilité. Succession de tableaux vivants consacrés à des tragédies récentes, Le Nouveau Monde a en effet la virtuosité des plus discrètes. Et souvent désespérée.

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